Une large majorité de Belges perçoit que l’économie du pays a empiré au cours des 12 derniers mois. Selon une enquête nationale menée par la RTBF, VRT et De Standaard, en collaboration avec l’Université d’Anvers et l’ULB, près de sept citoyens sur dix estiment que la situation économique se détériore, un sentiment qui traverse toutes les régions du pays.
Les difficultés financières touchent particulièrement les francophones : un tiers affirme ne pas parvenir à arriver à la fin du mois avec leurs revenus actuels. La situation est moins critique en Flandre, où 17 % des habitants rencontrent ce problème, contre 26 % en 2023 et 22 % en 2024. Cette amélioration progressive reflète une tendance positive pour les ménages flamands, alors que francophones et Bruxellois restent plus exposés aux tensions budgétaires.
Les Belges divisés sur les réformes sociales
Les électeurs soutiennent certaines mesures comme la limitation du chômage à deux ans, le contrôle des malades de longue durée ou la taxe sur les plus-values. En revanche, la proposition d’indexation plafonnée des revenus à 4.000 euros bruts rencontre un rejet massif : seulement 30 % des Flamands, 27 % des Bruxellois et 25 % des Wallons y sont favorables.
En Wallonie, même les électeurs des partis au pouvoir s’opposent à cette mesure : 46 % pour le MR, 35 % pour les Engagés, tandis que l’opposition monte à 59 % chez Ecolo, 66 % pour le PTB et 68 % pour le PS. À Bruxelles, le soutien reste limité (38 % pour les Engagés, 36 % pour le MR) et en Flandre, seule la N-VA enregistre une majorité relative favorable (54 %).

La TVA, mesure la plus contestée
L’idée d’une hausse de la TVA suscite encore plus de rejet. Le soutien reste faible partout : 20 % en Flandre, 13 % à Bruxelles et 9 % en Wallonie. L’opposition est particulièrement forte dans certains électorats : 93 % pour le PTB wallon, 90 % pour le PS, et 89 % pour le PVDA. Même les partis au pouvoir font face à une contestation notable : 80 % des électeurs wallons des Engagés, 76 % du MR, 68 % du cd&v, 66 % de Vooruit, et 60 % de la N-VA.

Entre perception et réalité économique
Les résultats de l’enquête mettent en lumière une fracture régionale dans le vécu économique des citoyens. Tandis que les Flamands constatent une amélioration de leur budget, les francophones et Bruxellois ressentent toujours une forte pression financière. Cette perception générale de dégradation économique pourrait influencer les débats sur les mesures sociales et fiscales à venir et affecter les choix électoraux.
Au final, l’étude révèle que les Belges sont partagés : ils approuvent certaines réformes visant à encadrer le chômage et la fiscalité, mais restent très prudents sur les mesures touchant directement leur pouvoir d’achat.








