Donations en hausse : ces Belges qui préfèrent donner maintenant pour payer moins plus tard

Les donations augmentent fortement en Belgique, portées par une fiscalité avantageuse et des règles qui incitent à anticiper la transmission.

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Donations en hausse : ces Belges qui préfèrent donner maintenant pour payer moins plus tard. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Anticiper la transmission de son patrimoine séduit un nombre croissant de Belges. Les donations enregistrées explosent depuis deux ans, portées par des changements législatifs et une volonté de mieux maîtriser la fiscalité.

Le nombre de donations enregistrées chez les notaires a fortement progressé, avec une hausse de 19 % en 2025 après déjà 18 % en 2024. Cette tendance concerne l’ensemble du territoire, avec +11,8 % en Wallonie, +13,9 % à Bruxelles et +22 % en Flandre. La Flandre concentre à elle seule près de 70 % des donations, avec plus de 37 000 actes enregistrés, contre environ 11 600 en Wallonie et 4 300 à Bruxelles.

Des règles qui encouragent l’enregistrement des donations

Cette évolution s’explique en grande partie par les changements récents en matière de période dite “suspecte”. Ce délai correspond à la durée pendant laquelle le donateur doit rester en vie pour éviter que la donation ne soit réintégrée dans la succession. Désormais, cette période est fixée à 5 ans dans les trois régions. Si le donateur décède durant ce délai sans avoir enregistré la donation, celle-ci peut être soumise aux droits de succession, souvent plus élevés.

Face à ce risque, de nombreux Belges choisissent d’enregistrer leur donation auprès d’un notaire, ce qui sécurise l’opération.

Une fiscalité plus avantageuse que la succession

L’un des principaux atouts de la donation réside dans sa fiscalité. Les droits de donation sont généralement fixés autour de 3 % à 3,3 % en ligne directe, quel que soit le montant transmis. À l’inverse, les droits de succession sont progressifs et peuvent rapidement grimper, en particulier pour les patrimoines élevés. Dans certains cas, l’écart peut atteindre 30 % ou plus entre parents et enfants, et même dépasser 65 % entre personnes sans lien direct, souligne la RTBF.

La donation permet donc de figer un taux plus faible et d’éviter une taxation plus lourde au moment du décès.

Une recherche de sécurité et de prévisibilité

Au-delà de l’aspect fiscal, la donation offre une forme de sécurité. Une fois enregistrée, elle ne dépend plus du délai de cinq ans. Cela évite toute incertitude liée à un éventuel décès prématuré. Cette démarche s’inscrit dans une logique d’anticipation, avec une volonté croissante de planifier la transmission de son patrimoine de son vivant.

La forte proportion de donations en Flandre ne s’explique pas uniquement par la fiscalité. D’autres facteurs entrent en jeu, comme un patrimoine moyen plus élevé et une population plus âgée. Une culture de l’anticipation est également plus ancrée dans le nord du pays, avec un recours plus fréquent aux testaments et aux pactes successoraux.

Des réformes sont à l’étude, notamment en Wallonie, où une baisse des droits de succession est envisagée. Si elle se concrétise, elle pourrait modifier l’intérêt comparé entre donation et succession. Pour l’instant, la dynamique reste claire : de plus en plus de Belges choisissent d’anticiper, en privilégiant des solutions qui offrent plus de visibilité et une fiscalité maîtrisée.

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