La Belgique continue de naviguer en eaux troubles sur le plan budgétaire. Alors que le déficit public devrait se stabiliser à 5,2 % du PIB cette année, il pourrait encore grimper à 5,4 % en 2027, plaçant le pays en tête des déficits les plus élevés de la zone euro. Une situation qui suscite inquiétude et interrogations sur la capacité du pays à tenir ses engagements financiers.
Pour limiter la casse, le gouvernement a multiplié les mesures ces dernières années. Certaines allocations et subsides ont été restreints, des réformes dans la Fonction publique et sur les pensions ont été mises en place, et les dépenses sont surveillées de près. Mais malgré ces efforts, le chemin reste long pour atteindre l’objectif européen de ramener le déficit sous les 3 % du PIB d’ici 2029. Les institutions européennes rappellent que des ajustements supplémentaires seront nécessaires et que les mesures en attente auront un impact limité si elles sont retardées.
La dette suit la même tendance que le déficit
Avec un déficit qui reste élevé, la dette publique belge suit la même trajectoire. Elle est passée de 107,9 % du PIB en 2024 à 110,5 % cette année, et pourrait atteindre 112,8 % en 2027. L’augmentation des coûts liés à la défense et aux intérêts sur la dette pèse sur les finances publiques et limite la marge de manœuvre du gouvernement. La situation oblige à trouver environ 7 milliards d’euros supplémentaires d’ici la fin de la législature pour rester dans les clous des exigences européennes.
Chômage et croissance : un fragile équilibre
Le chômage devrait d’abord augmenter légèrement pour atteindre 6,6 % en 2026, avant de redescendre à 6,5 % en 2027 grâce aux réformes des pensions et à la limitation des allocations de chômage à deux ans. La croissance reste faible, avec un PIB attendu à seulement 0,7 % cette année et 0,9 % l’an prochain, contre 1,2 % pour la zone euro. L’augmentation des prix de l’énergie, aggravée par les tensions au Moyen-Orient, continue de peser sur le pouvoir d’achat et sur la confiance des consommateurs.
Une aide ponctuelle pour les ménages
Pour limiter l’impact sur les citoyens, le gouvernement a débloqué 80 millions d’euros pour soutenir les travailleurs utilisant leur voiture pour se rendre au travail. Si cette initiative apporte un léger soulagement, certains experts jugent l’aide mal ciblée et insuffisante pour les familles les plus vulnérables.
La Belgique se trouve donc à la croisée des chemins : réduire son déficit, contenir l’endettement et protéger les citoyens, tout en naviguant dans un contexte économique incertain. L’année 2027 pourrait bien être un test décisif pour la solidité financière du pays.








