Après des années de progression continue, une évolution inattendue apparaît dans le monde du travail belge. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, l’absentéisme pour cause de maladie recule. Cette tendance, observée en 2025, surprend les spécialistes du marché de l’emploi. Elle pourrait marquer un tournant dans la gestion des arrêts maladie.
Selon une étude publiée par le prestataire de services RH Securex, l’absentéisme a reculé de manière notable en Belgique en 2025. Lors d’une journée de travail moyenne, 8,09 % des salariés étaient absents pour maladie, contre 8,49 % en 2024, qui constituait un record. Cette diminution reste modérée mais elle rompt avec une tendance à la hausse observée depuis près de 25 ans. Pour les experts, cette évolution représente un signal encourageant.
Une baisse de l’absentéisme qui intervient après de nouvelles politiques
Cette baisse coïncide avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle politique de convocation introduite en 2024. Ce dispositif renforce l’accompagnement des travailleurs en arrêt maladie. Désormais, les salariés absents sont contactés plus tôt et plus régulièrement par le médecin-conseil et par le coordinateur de retour au travail. L’objectif est d’évaluer rapidement les possibilités de reprise et de faciliter une réintégration progressive.
Selon Securex, ce suivi plus rapide améliore le dialogue entre travailleurs et employeurs. Les salariés se sentent davantage informés et soutenus durant leur arrêt. De leur côté, les responsables hiérarchiques réfléchissent plus activement aux solutions de reprise. Cette approche permet de mieux préparer le retour au travail et d’éviter que certaines absences ne s’installent durablement.
Dans le détail, c’est l’absentéisme de moyenne durée qui a connu la plus forte baisse. Ce type d’arrêt, compris entre un mois et un an, est passé de 2,58 % en 2024 à 2,30 % en 2025. L’absentéisme de courte durée, correspondant aux arrêts de moins d’un mois, a également diminué. Il est passé de 2,58 % à 2,43 %, confirmant une tendance générale au recul.
Les absences de longue durée toujours aussi présentes
En revanche, l’absentéisme de longue durée reste particulièrement élevé en Belgique. Les arrêts dépassant un an atteignent encore 3,35 % en 2025, un niveau qualifié d’« historiquement élevé ». Ce phénomène représente toujours un défi majeur pour les entreprises et pour les systèmes de sécurité sociale. Les spécialistes soulignent que ces situations nécessitent souvent un accompagnement plus complexe.
L’étude met également en évidence des différences importantes entre catégories professionnelles. La baisse de l’absentéisme apparaît plus marquée chez les ouvriers que chez les employés. Cette situation s’explique en partie par la nature des problèmes de santé rencontrés. Les causes des absences diffèrent souvent selon les conditions de travail et les environnements professionnels.
Chez les ouvriers, les arrêts maladie sont plus souvent liés à des problèmes physiques, comme les blessures ou les troubles musculosquelettiques. Ces pathologies suivent généralement un parcours de guérison plus prévisible. Chez les employés, les absences sont plus fréquemment liées à des troubles psychosociaux, comme le stress ou le burn-out, souligne le Soir.
Même si la baisse observée en 2025 constitue une première depuis longtemps, les experts restent prudents. Le niveau global d’absentéisme reste élevé et certaines tendances préoccupantes persistent. Les entreprises devront continuer à investir dans la prévention des risques psychosociaux et dans l’amélioration du bien-être au travail. La tendance actuelle pourrait toutefois marquer le début d’un changement durable.








