Les factures d’électricité continuent de peser lourd sur le budget des ménages belges. Alors que les dépenses énergétiques restent une préoccupation majeure, une nouvelle comparaison européenne place la Belgique parmi les pays où l’électricité coûte le plus cher. Une situation qui s’explique par plusieurs facteurs, bien au-delà du seul prix de l’énergie.
Au premier semestre 2026, le prix moyen de l’électricité en Belgique atteignait environ 36 centimes d’euro par kilowattheure (kWh). Selon les données rapportées par RTL, le pays occupe ainsi la deuxième place des États membres de l’Union européenne où l’électricité est la plus chère, derrière l’Allemagne et devant l’Irlande.
Cette situation pèse directement sur les dépenses des ménages, notamment ceux qui utilisent l’électricité pour le chauffage, la production d’eau chaude ou leurs équipements quotidiens. À consommation identique, une différence de quelques centimes par kilowattheure peut représenter une dépense supplémentaire sur une année.
Pour comprendre ces tarifs, il faut examiner les différentes composantes de la facture. Le prix de l’électricité elle-même n’explique pas à lui seul les écarts entre pays européens. Les frais de transport, de distribution et les prélèvements fiscaux interviennent également dans le montant payé par les consommateurs.
Interrogé par RTL, Bertrand Candelon, professeur de finance internationale à l’UCLouvain, souligne cette distinction. Selon lui, les différences de tarifs résultent notamment des coûts liés aux réseaux électriques et de la fiscalité appliquée dans chaque pays, plutôt que du seul prix de l’énergie sur les marchés.
En Belgique, ces dépenses varient également selon les régions. Les caractéristiques du réseau électrique et les investissements nécessaires à son fonctionnement contribuent ainsi à expliquer pourquoi la facture finale peut être particulièrement élevée pour certains ménages.
Pourquoi l’électricité coûte moins cher en France qu’en Belgique
La Wallonie présente notamment des particularités liées à l’ancienneté de son réseau électrique. Selon Bertrand Candelon, certaines installations nécessitent des investissements importants pour répondre à l’évolution des besoins énergétiques et aux nouvelles formes de production d’électricité.
Le développement des énergies renouvelables, notamment de l’électricité solaire et éolienne, nécessite d’adapter les infrastructures. Les réseaux doivent pouvoir accueillir une production plus décentralisée, dont les volumes varient selon les conditions météorologiques. Ces adaptations représentent des dépenses pour les gestionnaires de réseau.
La situation diffère en France, où le parc nucléaire occupe une place importante dans la production électrique. Bertrand Candelon souligne également l’intervention de l’État français, notamment à travers EDF, entreprise publique, dans l’organisation du marché et les conditions tarifaires.
Selon le professeur, cette combinaison contribue à expliquer les différences de prix observées entre les deux pays. L’écart ne dépend donc pas uniquement des coûts de production, mais aussi des choix énergétiques, des infrastructures et des politiques publiques.








