Diesel et gaz en Belgique : les prix s’envolent, les ménages doivent-ils craindre le pire cet hiver ?

À l’approche de l’hiver, les prix de l’énergie inquiètent en Belgique. Entre nouvelles hausses et tensions sur les marchés, les ménages restent sous pression.

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Diesel et gaz en Belgique : les prix s'envolent, les ménages doivent-ils craindre le pire cet hiver ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Les prix de l’énergie restent sous pression en Belgique. Entre les tensions au Moyen-Orient et la course au remplissage des réserves de gaz, les perspectives de baisse sont limitées. Pour les ménages, cette situation fait craindre de nouvelles dépenses à l’approche de l’hiver.

La hausse du diesel entrée en vigueur samedi pèse sur le budget des automobilistes belges. Avec un prix maximal de 2,444 euros par litre, un plein de 50 litres revient à 122,20 euros. L’augmentation de 1,6 centime par litre représente un surcoût de 80 centimes pour un plein de 50 litres. Les stations-service peuvent néanmoins pratiquer des tarifs inférieurs au plafond officiel.

Sur le marché du gaz, la progression est nettement plus forte. Les cours atteignent 86 euros par MWh, contre 31 euros à la même période en 2025. Cela représente une hausse d’environ 177 % en un an. Le prix du gaz est ainsi près de 2,8 fois supérieur à son niveau de l’année précédente. Il reste néanmoins inférieur au record de 339 euros par MWh, enregistré en 2022 au début de la guerre en Ukraine.

Cette nouvelle tension sur les prix s’explique notamment par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, qui perturbent les échanges énergétiques internationaux. L’offre de gaz disponible sur les marchés se retrouve sous pression, alors que plusieurs pays cherchent à sécuriser leurs approvisionnements avant l’arrivée du froid. Pour les consommateurs belges, la situation intervient à une période où les besoins énergétiques commencent généralement à augmenter avec la reprise du chauffage.

La course aux réserves européennes pourrait prolonger la hausse des prix

L’Europe doit désormais accélérer le remplissage de ses réserves de gaz pour préparer l’hiver. Selon les données communiquées, les stocks européens sont remplis à environ 75 %. Ils devraient atteindre au moins 90 % dans les deux prochaines semaines. Cette échéance pousse plusieurs pays à acheter du gaz au même moment, alors que les quantités disponibles restent limitées.

Certains acheteurs avaient retardé leurs commandes dans l’espoir d’une baisse des cours. « Du fait de la pénurie sur les marchés internationaux, les prix étaient élevés et donc beaucoup de gens ont parié une détente à venir et donc n’ont pas commencé à remplir à temps leurs réserves de gaz », explique Adel El Gammal, professeur à l’ULB, cité par la RTBF. La situation pourrait également être compliquée par la demande asiatique. Plusieurs pays, dont la Chine, pourraient chercher à reconstituer leurs propres stocks, renforçant la concurrence entre acheteurs.

« Et donc on se retrouve maintenant tous à vouloir acheter du gaz à l’entrée de l’hiver et donc ça explique pourquoi les prix sont en train de flamber », résume le spécialiste. À court terme, une baisse importante des cours paraît peu probable, selon son analyse. Un hiver doux pourrait néanmoins limiter la consommation et réduire la pression sur les marchés. Pour les ménages belges, la hausse des prix de gros ne se traduit pas automatiquement par une augmentation identique de leur facture.

Les conséquences dépendront notamment du type de contrat. Les clients disposant d’un tarif variable sont davantage exposés aux fluctuations du marché, tandis que les contrats à prix fixe protègent temporairement contre ces variations, selon leurs conditions. Le mazout de chauffage connaît, de son côté, une évolution différente. Selon les informations communiquées, son prix diminue de 1,97 euro pour une commande de 2 000 litres, malgré la hausse du diesel et du gaz.

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