Faillites en Belgique : les chiffres de Statbel révèlent une réalité inquiétante pour l’emploi

Les faillites en Belgique alimentent le débat politique. Les derniers chiffres révèlent une réalité contrastée, entre recul des dépôts de bilan et emplois menacés.

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Faillites en Belgique : les chiffres de Statbel révèlent une réalité inquiétante pour l'emploi. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les faillites d’entreprises en Belgique suscitent de nouvelles tensions politiques. Alors que le député socialiste Pierre-Yves Dermagne affirme qu’elles « explosent » sous le gouvernement Arizona, les dernières données de Statbel présentent une situation plus contrastée. Les faillites reculent par rapport aux années précédentes, mais les pertes d’emploi progressent et plusieurs secteurs connaissent une année particulièrement difficile.

Les dernières statistiques invitent à distinguer l’évolution des faillites selon la période retenue. En septembre 2026, la Belgique a enregistré 1 063 faillites, d’après les données communiquées par Statbel. Ce total représente une baisse de 13,2 % par rapport à septembre 2025 et de 11 % par rapport à septembre 2024. Sur cette base, les chiffres ne confirment donc pas une explosion générale des faillites au cours du mois de septembre, contrairement à ce que pourrait laisser entendre la déclaration de Pierre-Yves Dermagne.

La comparaison avec le mois précédent donne une impression très différente. En août 2026, 489 faillites avaient été enregistrées en Belgique. Leur nombre a donc bondi de 117,4 % entre août et septembre. Cette hausse doit néanmoins être replacée dans son contexte. Le mois d’août est généralement marqué par un ralentissement de nombreuses activités administratives et judiciaires, ce qui peut contribuer à réduire le nombre de faillites officiellement enregistrées.

Trois secteurs ont atteint un record de faillites

La comparaison avec les mêmes mois des années précédentes donne ainsi un éclairage différent de celle réalisée entre août et septembre. Les données sectorielles montrent également que la situation reste difficile pour une partie des entreprises belges. Après les neuf premiers mois de 2026, trois secteurs ont atteint un record de faillites. Dans les autres services, Statbel a comptabilisé 1 441 faillites, contre 1 428 lors du précédent record établi en 2013, soit une progression de 0,9 %. Le secteur de l’information et de la communication totalise 312 faillites, dépassant de 1,3 % son précédent sommet de 308 faillites, enregistré en 2014.

La progression la plus marquée parmi ces trois secteurs concerne les transports et l’entreposage, avec 633 faillites depuis le début de l’année. Ce chiffre dépasse de 6 % le précédent record de 597 faillites atteint en 2025. Ces résultats montrent que, même lorsque les statistiques nationales reculent sur un mois donné, certaines activités économiques continuent d’enregistrer des difficultés historiques.

Faillites en Belgique : les chiffres de Statbel révèlent une réalité inquiétante pour l'emploi
Crédit : Econostrum

Un mois de septembre particulièrement difficile pour les travailleurs belges

Si le nombre de faillites a diminué par rapport aux deux années précédentes, les pertes d’emploi liées à ces défaillances ont suivi la tendance inverse. Selon Statbel, 2 894 pertes d’emploi ont été enregistrées en septembre 2026 à la suite de faillites d’entreprises. Ce résultat représente une augmentation de 12,9 % par rapport à septembre 2025 et de 6,1 % par rapport à septembre 2024. Il faut remonter à septembre 2013, lorsque 3 617 pertes d’emploi avaient été recensées, pour retrouver un bilan plus lourd à cette période de l’année.

La comparaison mensuelle révèle également une forte progression. En août 2026, les faillites avaient entraîné 1 419 pertes d’emploi. Un mois plus tard, leur nombre a augmenté de 103,9 %. Ce contraste entre la baisse du nombre de faillites sur un an et la hausse des pertes d’emploi mérite une attention particulière. Il suggère que les entreprises concernées par les faillites de septembre 2026 ont, en moyenne, entraîné davantage de pertes d’emploi que celles touchées un an auparavant.

En rapportant les chiffres de septembre au nombre de faillites, on obtient environ 2,7 emplois perdus par faillite. Ce ratio ne décrit pas chaque entreprise individuellement, mais il illustre le poids social des défaillances enregistrées. Pour les travailleurs concernés, ces statistiques correspondent à des situations concrètes : disparition d’un poste, recherche d’un nouvel emploi et incertitude sur les revenus du ménage.

Reste la question politique soulevée par Pierre-Yves Dermagne. Les chiffres de septembre ne suffisent pas à attribuer les évolutions observées aux décisions du gouvernement Arizona. Pour établir un tel lien, il faudrait notamment examiner les tendances sur une période plus longue et distinguer les effets de la conjoncture économique, des difficultés propres à chaque secteur et des décisions publiques.

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