Garantie autonomie : les Wallons pourraient bientôt devoir payer une nouvelle contribution

Un nouveau dispositif est à l’étude en Wallonie pour financer l’aide aux personnes confrontées à une perte d’autonomie, une mesure qui divise.

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Autonomie
Wallonie : vers une cotisation annuelle pour aider les personnes en perte d’autonomie. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le gouvernement wallon étudie la création d’une garantie autonomie destinée à aider les personnes en perte d’autonomie à rester chez elles plus longtemps. Ce projet, inscrit dans l’accord de majorité conclu en 2024 par le MR et Les Engagés, pourrait être financé par une cotisation demandée aux habitants de Wallonie.

Le montant évoqué actuellement est de 100 euros par an et par personne, avec une contribution réduite pour les personnes bénéficiant du statut BIM. Le dispositif n’est pas encore adopté et son financement doit encore être précisé dans le cadre des discussions budgétaires du gouvernement wallon. L’objectif annoncé est de répondre au vieillissement de la population et à l’augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’aide dans leur vie quotidienne.

Une aide destinée aux personnes en perte d’autonomie

La garantie autonomie reprend une idée déjà évoquée par plusieurs gouvernements wallons précédents, sans avoir abouti jusqu’ici. Le projet prévoit de créer un soutien financier pour les personnes qui rencontrent des difficultés à rester autonomes. Les principaux bénéficiaires seraient les personnes âgées, mais le dispositif pourrait aussi concerner des personnes plus jeunes confrontées à une perte d’autonomie liée à un handicap ou à un accident. L’accès pourrait être ouvert dès 26 ans.

L’aide pourrait servir à financer différents besoins à domicile, comme des services d’aide familiale, des gardes-malades, des aménagements du logement ou encore certaines solutions d’accompagnement. Selon le cabinet du ministre wallon de la Santé Yves Coppieters (Les Engagés), cette organisation viserait à limiter le recours aux maisons de repos et aux maisons de repos et de soins, dont le financement représente une charge importante pour la Région wallonne.

Le gouvernement avance aussi un effet potentiel sur l’emploi. Le maintien à domicile pourrait générer environ 3 000 emplois d’ici 2033 dans le secteur de l’aide à domicile. En Flandre, un système comparable existe déjà avec le Zorgbudget. Les montants versés varient selon les situations, de 112 euros à 754 euros par mois pour les personnes âgées ayant un besoin d’aide.

Un financement encore en discussion avec une cotisation envisagée

La question du financement reste l’un des principaux points à trancher. Plusieurs solutions sont étudiées, notamment une cotisation annuelle payée par les Wallons affiliés à une mutualité ou un financement via l’impôt. L’économiste Philippe Defeyt, consulté dans le cadre des travaux préparatoires, estime qu’une cotisation de 100 euros par personne, comparable au modèle flamand, pourrait générer environ 194 millions d’euros de recettes nettes en 2026.

Pour les personnes bénéficiant du statut BIM, le montant envisagé serait réduit à 35 euros, comme en Flandre. Une autre piste consisterait à passer par des additionnels à l’impôt des personnes physiques (IPP). Selon Philippe Defeyt, il faudrait alors appliquer un taux supplémentaire de 1,16 % pour obtenir un financement équivalent. L’économiste explique que des transferts de budgets existants semblent difficiles dans le contexte financier actuel de la Wallonie. Il évoque notamment « des glissements de budgets », tout en estimant que les contraintes budgétaires rendent cette option compliquée.

Le secteur de l’aide à domicile attend la mise en place d’un tel dispositif. Gaël Verzele, directeur général de la Fédération de l’Aide et des Soins à domicile, souligne les difficultés actuelles à répondre aux demandes. « Par exemple sur la province de Namur, en 2025, on a fait un cadastre des appels entrants et on constate qu’on ne peut pas répondre à 3 appels sur 4 entrants en aide familiale et près de 4 sur 5 en garde à domicile », explique-t-il, cité par la RTBF. Pour le secteur, les moyens supplémentaires devront aussi servir à recruter et à renforcer les formations dans les métiers de l’aide et des soins.

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