Cet hiver, la Belgique risque-t-elle une pénurie de gaz, d’électricité ou de mazout ?

La Belgique se veut rassurante sur son approvisionnement énergétique pour cet hiver, et ce, malgré les tensions internationales.

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Cet hiver, la Belgique risque-t-elle une pénurie de gaz, d’électricité ou de mazout ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Belgique ne prévoit pas de pénurie de gaz, d’électricité ou de mazout durant l’hiver prochain malgré un contexte international tendu. Le ministre fédéral de l’Énergie Mathieu Bihet (MR) estime que le pays dispose de suffisamment de solutions pour assurer son approvisionnement, même si les prix restent exposés aux crises mondiales.

Les tensions autour de plusieurs zones stratégiques pour l’énergie, notamment au Moyen-Orient, en Russie ou au Yémen, continuent de peser sur les marchés. Ces événements peuvent provoquer des variations importantes des prix du gaz, du pétrole et de l’électricité. Le ministre reconnaît que la Belgique ne peut pas agir directement sur ces facteurs internationaux. En revanche, il assure que le suivi des stocks et des importations reste permanent afin d’éviter une rupture d’approvisionnement.

Gaz et mazout : des réserves surveillées et une position stratégique en Europe

Concernant le mazout, Mathieu Bihet veut rassurer les consommateurs. Il explique que les réserves disponibles donnent au pays une marge suffisante en cas de perturbation temporaire des importations. « Pour savoir combien de temps nous pouvons tenir avec nos réserves, cela dépend évidemment de la consommation. Avec ce qui rentre, on est au-dessus, parce qu’on a 96 jours environ pour l’instant de réserves et c’est important parce que s’il y a une perturbation des importations du produit pétrolier, on peut combler cette perturbation », a-t-il expliqué, cité par RTL.

La situation est différente pour le gaz. La Belgique dispose de capacités de stockage plus limitées que certains pays européens, notamment en raison de ses caractéristiques géologiques. Le ministre souligne toutefois que le pays possède un avantage grâce à ses infrastructures énergétiques. La Belgique joue un rôle de transit important pour le gaz destiné au marché européen, notamment grâce aux gazoducs et aux terminaux de gaz naturel liquéfié.

Selon Mathieu Bihet, la Belgique importe largement plus de gaz qu’elle n’en consomme directement. « Il faut savoir que la Belgique importe 3 fois plus que ce qu’elle consomme en régime de croisière au niveau du gaz, que ce soit par gazoduc ou en GNL, parce que cela transite par chez nous », a-t-il souligné. Cette position permet au pays de rester connecté aux différents marchés européens. Malgré les incertitudes liées aux tensions internationales, le ministre affirme qu’« à ce stade-ci, il n’y a pas de risques ».

Le retour du nucléaire doit renforcer l’approvisionnement électrique

Pour l’électricité, la Belgique compte notamment sur le redémarrage de deux réacteurs nucléaires à partir du 1er novembre. Cette reprise doit renforcer la production disponible pendant les mois les plus froids, période où la consommation augmente généralement. Mathieu Bihet rappelle toutefois les difficultés rencontrées durant l’été, lorsque l’absence de production nucléaire a obligé le pays à utiliser davantage de centrales au gaz pour répondre à la demande.

« On a les deux réacteurs nucléaires qui vont recommencer à partir du 1er novembre, mais on a vu cet été qu’il y avait un problème : on n’avait pas de nucléaire, or, on avait besoin de beaucoup d’électricité, notamment la nuit, pour se rafraîchir. Et qu’est-ce qu’on a fait ? On a brûlé du gaz pour faire de l’électricité. C’est une solution absolument absurde », a-t-il ajouté. Le ministre estime que cette situation ne doit pas se reproduire, notamment pour respecter les objectifs climatiques du pays.

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