Gaz : les stocks au plus bas depuis 2013, les factures risquent-elles de flamber cet hiver ?

À l’approche de l’hiver, le marché du gaz suscite de nouvelles inquiétudes en Europe. Les ménages pourraient-ils voir leurs factures augmenter ?

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Gaz : les stocks au plus bas depuis 2013, les factures risquent-elles de flamber cet hiver ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

L’Europe aborde l’hiver 2026-2027 dans une situation énergétique préoccupante. Les réserves de gaz naturel sont particulièrement faibles pour cette période de l’année, alors que les besoins en chauffage vont progressivement augmenter. 

Selon un rapport publié ce mardi 3 novembre 2026 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les installations européennes de stockage de gaz naturel affichaient un taux de remplissage de 75 % à la fin du mois d’octobre. Ce niveau se situe 5 points sous l’objectif minimal européen de 80 % et constitue, d’après l’organisation, le taux le plus bas enregistré à cette période depuis 2013.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, les réserves européennes étaient déjà relativement faibles à la sortie de l’hiver précédent. Les pays de l’Union européenne devaient donc reconstituer des volumes importants avant le retour des températures froides. La fermeture du détroit d’Ormuz, à la suite du déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février, a ensuite perturbé les livraisons internationales de gaz naturel liquéfié (GNL).

Les acheteurs européens ont également retardé certaines commandes, espérant une baisse des prix du gaz qui ne s’est finalement pas matérialisée comme attendu. Face à ces difficultés, les injections dans les installations de stockage se sont accélérées en août, septembre et octobre. Ce rattrapage n’a néanmoins pas suffi à retrouver les niveaux des années précédentes. Sur l’ensemble de la période de remplissage, les volumes injectés sont restés inférieurs d’environ 4 % à la moyenne des cinq dernières années, selon l’AIE.

Prix du gaz : quels risques pour les factures des ménages européens et belges ?

Avec des stocks moins remplis, l’Union européenne dépend davantage des importations de GNL pour répondre à la demande pendant l’hiver. L’AIE avertit que cette situation pourrait fragiliser l’approvisionnement européen en cas de températures particulièrement basses, d’incidents techniques ou de nouvelles perturbations sur les marchés internationaux.

Une demande hivernale élevée pourrait alors intensifier la concurrence entre acheteurs et exercer une pression à la hausse sur les cours du gaz. L’organisation estime que les tensions pourraient même se prolonger en 2027. Pour les ménages européens, notamment en Belgique, cette évolution représente un risque financier. Une augmentation durable des prix de gros pourrait se répercuter sur certaines factures de chauffage, particulièrement pour les consommateurs disposant de contrats à prix variable.

Cette répercussion ne serait néanmoins ni automatique ni immédiate. Les contrats à prix fixe, les conditions tarifaires et les politiques commerciales des fournisseurs peuvent modifier les conséquences pour chaque ménage. La faiblesse des réserves ne signifie pas non plus qu’une pénurie de gaz est annoncée. En Allemagne, le gouvernement a d’ailleurs assuré lundi que l’approvisionnement national restait sécurisé pour l’hiver, malgré des stocks inférieurs aux objectifs réglementaires.

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