Carburants : pourquoi les prix remontent malgré le recul du pétrole

En Belgique, le prix des carburants grimpe à nouveau, porté par des tensions qui ne se limitent pas au seul cours du pétrole.

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Carburants : pourquoi les prix remontent malgré le recul du pétrole . Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les prix des carburants repartent à la hausse en Belgique. Si les tensions au Moyen-Orient pèsent sur les cours du brut, le renchérissement du raffinage explique aussi une large part du mouvement, surtout pour le diesel.

Depuis le 10 juillet 2026, le prix maximal du diesel B7 atteint 2,1020 euros le litre en Belgique. La hausse s’élève à 13,5 centimes par rapport au tarif précédent. L’essence 95 RON E10 progresse aussi. Son prix maximal atteint 1,909 euro le litre, soit une augmentation de 5,9 centimes. Le regain de tensions au Moyen-Orient a soutenu les cours du pétrole. Cette évolution se répercute rapidement sur les prix de l’énergie, mais le baril ne représente qu’une partie du montant payé par les automobilistes.

Un baril contient environ 159 litres de pétrole brut. Avant d’être utilisé sous forme d’essence, de diesel ou de kérosène, ce pétrole doit être transformé dans une raffinerie. La différence entre le prix d’achat du brut et la valeur des produits finis correspond à la marge de raffinage. Elle intègre les coûts liés à l’énergie, au personnel, à l’entretien des installations, aux normes environnementales et aux bénéfices des entreprises. Cette marge varie selon l’offre disponible, la demande et les tensions sur les marchés. Lorsqu’elle augmente, le prix des carburants peut monter même si le pétrole brut se replie.

Selon des analystes de Goldman Sachs, les marges de raffinage sur le diesel devraient rester très élevées durant l’année 2026. Elles pourraient atteindre plusieurs dizaines de dollars par baril en Europe, bien au-dessus des moyennes observées avant 2020, rapporte la RTBF.

Les raffineries russes fragilisent l’offre mondiale et donc le prix des Carburants en Belgique

La guerre en Ukraine ajoute une pression sur les marchés. Les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes ont perturbé une part élevée des capacités de production du pays. La Russie a aussi limité certaines exportations de diesel afin de préserver son marché intérieur. Une partie des volumes disponibles disparaît donc du marché international. Cette situation touche directement l’Europe, déjà confrontée à la fermeture de plusieurs raffineries au cours des dernières années. Le continent dépend davantage des importations venues des États-Unis, du Moyen-Orient ou d’Asie.

Les frais de transport, les assurances et les délais de livraison s’ajoutent alors au coût du carburant. Une baisse du pétrole ne garantit donc pas une diminution équivalente du diesel ou de l’essence. Les produits raffinés peuvent rester chers lorsque l’offre est réduite ou que la demande progresse. Les automobilistes doivent aussi prendre en compte la fiscalité, les coûts de distribution et les écarts entre les stations-service.

Tant que les capacités de raffinage resteront sous tension, les prix à la pompe pourront rester élevés, même avec un baril moins cher. Le marché du diesel apparaît particulièrement exposé en raison des difficultés de production et des besoins élevés en Europe.

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