La Région flamande a finalisé une réforme des factures d’énergie destinée à rendre le chauffage électrique plus attractif. À partir de 2028, une partie de la fiscalité sera transférée de l’électricité vers les énergies fossiles. Pour un ménage moyen utilisant à la fois l’électricité et le gaz, l’opération est présentée comme budgétairement neutre.
D’après les avant-projets de textes consultés par le quotidien économique De Tijd, un ménage consommant environ 3,5 MWh d’électricité par an économisera 80 euros sur sa facture annuelle grâce à cette réforme. Cette baisse résulte d’un transfert d’une partie de la fiscalité actuellement supportée par l’électricité vers les combustibles fossiles. L’objectif affiché est d’encourager les consommateurs à privilégier des systèmes de chauffage électriques, notamment les pompes à chaleur, dont le développement s’inscrit dans les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les principes de cette réforme avaient déjà été approuvés par le gouvernement flamand il y a un an. Les simulations financières détaillées ont désormais été réalisées et les premiers textes ont été examinés lors du Conseil des ministres flamand de la semaine dernière.
Le gaz et le mazout deviendront plus coûteux
La réforme prévoit également une hausse de la fiscalité sur les énergies fossiles. Un ménage chauffé au gaz, avec une consommation annuelle de 17 MWh, verra sa facture augmenter d’environ 80 euros par an. Pour un logement utilisant du mazout, avec une consommation légèrement supérieure à 23 MWh, la hausse atteindra 74,40 euros par an. Selon le gouvernement flamand, ces montants compensent la baisse appliquée à l’électricité pour un ménage moyen.
Le résultat global est donc présenté comme neutre sur le plan budgétaire pour les foyers utilisant plusieurs sources d’énergie dans des proportions classiques.
Les factures d’énergie vont évoluer différemment d’un consommateur à l’autre.
Les estimations communiquées correspondent à des consommations moyennes. Dans les faits, les conséquences de cette réforme varieront d’un foyer à l’autre. Les ménages consommant davantage d’électricité profiteront d’une baisse plus élevée de leur facture. À l’inverse, ceux qui dépendent principalement du gaz ou du mazout supporteront une hausse plus marquée de leurs dépenses énergétiques. Le même constat s’applique aux entreprises.
Les activités fortement consommatrices d’énergies fossiles verront leurs coûts augmenter davantage, tandis que celles ayant déjà engagé une électrification de leurs équipements bénéficieront plus largement de la diminution de la fiscalité sur l’électricité. La réforme flamande s’inscrit dans une évolution plus large de la politique énergétique belge. Le gouvernement fédéral a déjà annoncé qu’à compter du 1er août 2026, les accises sur le gaz augmenteront tandis que celles appliquées à l’électricité diminueront.
En adoptant ce nouveau dispositif à l’échelle régionale, la Flandre poursuit la même orientation fiscale. L’objectif est d’inciter progressivement les consommateurs à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles au profit de solutions électriques. L’entrée en vigueur étant fixée à 2028, les ménages disposent encore de plusieurs années avant que ces nouveaux tarifs ne s’appliquent.
Les propriétaires qui envisagent un changement de système de chauffage pourront ainsi intégrer cette évolution fiscale dans leurs futurs investissements, tandis que les foyers restant dépendants du gaz ou du mazout devront anticiper une hausse de leur facture énergétique liée à cette réforme.








