Canicule : quel coût réel pour l’économie belge ?

La canicule pèse lourd sur l’économie belge, avec des pertes croissantes et un impact estimé jusqu’à 12% du PIB selon les projections.

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Canicule : quel coût réel pour l’économie belge ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

La canicule qui frappe actuellement la Belgique et une grande partie de l’Europe ne se limite pas à ses conséquences sanitaires. Elle pèse désormais lourdement sur l’activité économique, avec des secteurs entiers ralentis et des pertes estimées à plusieurs milliards d’euros à l’échelle européenne. En Belgique aussi, les effets du dérèglement climatique se font de plus en plus visibles sur le tissu économique.

Ces derniers jours, les températures élevées ont fortement perturbé l’activité dans de nombreux secteurs. Les chantiers tournent au ralenti, certaines entreprises de construction adaptent ou réduisent leurs horaires, tandis que d’autres suspendent temporairement leurs activités pour protéger les travailleurs. Dans le même temps, les transports sont impactés, avec des services ajustés en raison des fortes chaleurs, et les terrasses de l’Horeca souffrent de périodes creuses aux heures les plus chaudes.

Ce phénomène dépasse désormais les seuls secteurs traditionnellement exposés comme l’agriculture. L’ensemble de l’économie est touché, directement ou indirectement, par la répétition des épisodes de canicule.

Un coût climatique de plus en plus élevé

Pour plusieurs économistes, la situation n’a plus rien d’exceptionnel. Le professeur Marek Hudon, de la Solvay Brussels School of Economics and Management, souligne que l’impact est global et appelé à s’amplifier. Selon différentes études, les pertes économiques liées au dérèglement climatique pourraient représenter plusieurs centaines de millions d’euros par an en Belgique.

À l’échelle européenne, certaines projections évoquent des pertes considérables. Une étude récente estime par exemple que les épisodes de chaleur pourraient coûter jusqu’à plusieurs points de PIB sur les prochaines années, illustrant l’ampleur du phénomène.

Une perte potentielle allant jusqu’à 12% du PIB

Les autorités belges disposent désormais de premières évaluations nationales. Selon les analyses du Centre d’analyse des risques liés au changement climatique et du Bureau fédéral du Plan, les impacts des événements climatiques extrêmes représentent un risque majeur pour l’économie du pays. Les estimations initiales évoquaient un coût de 5 à 7% du PIB à long terme.

Mais les projections les plus récentes, intégrant la multiplication des phénomènes extrêmes, évoquent désormais un impact pouvant aller jusqu’à 12% du PIB sur une année exceptionnelle.

Des secteurs inégalement touchés par la canicule

Tous les secteurs ne sont pas impactés de la même manière. La construction et l’agriculture figurent parmi les plus exposés, en raison du travail en extérieur et des contraintes physiques liées à la chaleur. Les entreprises adaptent leurs organisations, modifient les horaires ou interrompent certaines activités lors des pics de température.

Mais les effets varient aussi selon la taille des structures. Les grandes entreprises disposent généralement de moyens d’adaptation plus importants que les PME, ce qui accentue les inégalités face aux épisodes climatiques extrêmes.

L’adaptation devient une nécessité économique

Face à cette situation, les autorités belges soulignent la nécessité d’investir davantage dans l’adaptation. L’objectif est de limiter les impacts futurs en renforçant les infrastructures, en adaptant les modes de travail et en intégrant le risque climatique dans les décisions économiques. Les experts insistent également sur l’importance de la prévention plutôt que de la seule indemnisation des pertes.

Les investissements dans la transition énergétique et la décarbonation sont également présentés comme essentiels pour limiter l’ampleur des coûts à long terme.

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