La Belgique enregistre une baisse du nombre d’investissements étrangers, atteignant son niveau le plus faible depuis 2014. Malgré cela, la création d’emplois liée à ces investissements reste en hausse.
Selon le Baromètre de l’attractivité belge publié par EY, le nombre d’investissements étrangers en Belgique a reculé de 11 % l’an dernier, pour s’établir à 187 projets, son niveau le plus bas depuis 2014. Ce recul dépasse légèrement la moyenne européenne, qui affiche une baisse de 7 %. Malgré cette tendance, la Belgique conserve sa 8e place au classement européen des investissements directs étrangers.
La Belgique tire son épingle du jeu sur l’emploi
Si le nombre de projets diminue, la Belgique se distingue par la hausse de la création d’emplois. Les investissements étrangers ont généré 6.094 emplois, soit une progression de 13 %, alors que la création d’emplois liée aux investissements en Europe a chuté de 25 %. Cette performance souligne la capacité du pays à maintenir un impact positif sur l’économie malgré la baisse des projets.
Contexte européen et facteurs d’incertitude
La baisse générale des investissements en Europe s’explique par plusieurs facteurs. Selon EY, les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et tarifaires, la volatilité des prix de l’énergie et une croissance économique modérée freinent les décisions d’investissement, notamment dans l’industrie manufacturière.
Des pays comme la France (-17 %), le Royaume-Uni (-14 %) et l’Allemagne (-10 %) connaissent également des reculs importants. À l’inverse, l’Espagne (+7 %), la Pologne (+10 %), la Roumanie (+16 %) et la Turquie (+20 %) enregistrent une progression, soutenue par des coûts de main-d’œuvre plus bas et une croissance économique plus dynamique.

Les secteurs moteurs des investissements
En Belgique, l’industrie manufacturière et les services aux entreprises restent les principaux moteurs, avec respectivement 46 et 44 projets. La logistique, qui avait pris la deuxième place en 2024, retombe à 42 projets. Les investissements liés à l’intelligence artificielle et aux centres de données connaissent une forte croissance, de même que le secteur de la Défense.
Les États-Unis restent le premier investisseur étranger en Belgique malgré une baisse de 21 % du nombre de projets, avec 34 investissements. La France et les Pays-Bas suivent avec 27 et 20 projets. La Turquie connaît la progression la plus rapide, devenant en 2025 le pays dont les investissements en Belgique ont le plus augmenté. Selon Steven Claes, CEO d’EY Belgique, la politique commerciale américaine sous l’administration Trump a encouragé les entreprises américaines à privilégier leurs investissements domestiques.









