L’agriculture belge connaît plusieurs changements marquants en 2025. Selon les nouvelles statistiques publiées par Statbel, les cultures de pommes de terre et de céréales progressent fortement cette année, tandis que les élevages bovins et porcins poursuivent leur recul. Le nombre total d’exploitations agricoles continue également de diminuer.
La culture de pommes de terre connaît une progression particulièrement importante cette année en Belgique. Selon les chiffres de Statbel, les surfaces consacrées à cette production augmentent de 7,2 % en 2025. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis 1980. Cette hausse s’explique notamment par les bonnes conditions météorologiques du printemps ainsi que par la forte demande de l’industrie de transformation observée l’an dernier.
La Belgique occupe une place importante dans le secteur européen de la transformation de pommes de terre, notamment pour la fabrication de produits surgelés et de frites. Les industriels du secteur continuent d’investir fortement afin de répondre à la demande internationale. Cette dynamique pousse de nombreux agriculteurs à consacrer davantage de surfaces à cette culture devenue particulièrement rentable ces dernières années.
Les céréales suivent la même tendance que les pommes de terre
Les cultures céréalières progressent elles aussi en Belgique en 2025. La superficie totale consacrée aux céréales augmente de 5,3 % par rapport à l’année précédente. Même si ce niveau reste encore inférieur à celui observé en 2023, la hausse reste importante dans plusieurs régions du pays. La progression atteint notamment 7,8 % en Flandre et 3,7 % en Wallonie.
Certaines cultures affichent des augmentations particulièrement marquées. Le froment d’hiver progresse ainsi de 19,5 %, tandis que l’épeautre connaît une hausse spectaculaire de 71,8 %. À l’inverse, les surfaces consacrées à l’orge d’hiver chutent fortement avec une baisse de 25,6 %. Selon Statbel, plus de 71 % des céréales d’hiver belges restent cultivées en Wallonie, qui conserve un poids dominant dans ce secteur agricole.

Les élevages bovins et porcins poursuivent leur recul
Du côté des élevages, les tendances restent beaucoup moins favorables. Le cheptel bovin belge continue de diminuer avec un recul de 1,2 % entre octobre 2024 et octobre 2025. La baisse touche davantage la Wallonie, où le recul atteint 2,5 %. Le nombre d’exploitations bovines diminue lui aussi de 3,4 % à l’échelle nationale.
Le secteur porcin reste également confronté à une forte diminution. Le cheptel porcin recule de 2,7 % en Belgique sur un an. La baisse concerne autant la Flandre que la Wallonie. Le nombre d’exploitations porcines chute encore plus rapidement avec une diminution de 6,7 %. En Wallonie, plus d’une exploitation porcine sur dix a disparu en un an, illustrant les difficultés persistantes du secteur.

La volaille poursuit sa progression
Contrairement aux bovins et aux porcs, le secteur de la volaille continue d’afficher une évolution positive en Belgique. Le nombre total de volailles augmente de 1,7 % en 2025. La progression est particulièrement marquée en Wallonie avec une hausse de 3,6 %. Les poules pondeuses comme les poulets de chair enregistrent tous deux une augmentation.
Cette progression s’explique notamment par une demande toujours élevée des consommateurs pour les produits avicoles. Le secteur de la volaille reste aussi plus flexible économiquement que d’autres types d’élevages. Plusieurs exploitations agricoles se tournent progressivement vers cette production afin de diversifier leurs revenus dans un contexte agricole devenu plus instable.
Le nombre d’exploitations agricoles continue de diminuer
Les chiffres publiés par Statbel confirment également une tendance observée depuis plusieurs années : le nombre d’exploitations agricoles belges continue de reculer. En 2025, la Belgique compte désormais 33.307 exploitations agricoles, soit une baisse de 2 % sur un an. Cette diminution progressive touche la plupart des secteurs agricoles.
Les coûts de production élevés, les contraintes environnementales, les investissements importants et les difficultés de rentabilité poussent de nombreux agriculteurs à arrêter leur activité. Le secteur agricole belge poursuit donc sa mutation avec des exploitations moins nombreuses mais généralement plus grandes et davantage spécialisées.








