Le gouvernement fédéral belge pourrait devoir réaliser des économies bien plus importantes que prévu d’ici la fin de la législature. En cause : les conséquences économiques des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, aggravées par les récentes actions militaires américaines et israéliennes contre l’Iran.
Jusqu’à présent, le gouvernement belge estimait devoir trouver environ 4,9 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici 2029. Mais ce montant pourrait finalement être bien plus élevé. Invité dimanche dans l’émission « De Zevende Dag » sur la VRT 1, le ministre du Budget Vincent Van Peteghem a averti que les efforts budgétaires pourraient désormais atteindre 7 milliards d’euros.
Selon lui, les nouvelles tensions internationales changent complètement les prévisions économiques. Les estimations précédentes du Comité de monitoring avaient été réalisées avant les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Le conflit au Moyen-Orient inquiète le gouvernement
Le ministre estime que cette guerre pourrait provoquer une nouvelle hausse de l’inflation dans les prochains mois. Une augmentation des prix de l’énergie et des matières premières aurait des conséquences directes sur les finances publiques belges. Cette situation complique fortement la mission du gouvernement, déjà confronté à une importante pression budgétaire.
« Tout le monde se rend compte qu’un travail de grande envergure nous attend », a reconnu Vincent Van Peteghem. Le ministre prévient déjà que les futures mesures toucheront une large partie de la population belge.
Des économies dans plusieurs secteurs
Pour atteindre ces objectifs budgétaires, le gouvernement envisage plusieurs pistes. Selon Vincent Van Peteghem, il n’existe pas de solution unique et les efforts devront être répartis dans différents domaines. Les soins de santé, certaines aides publiques aux entreprises, les allocations ou encore les subventions aux énergies fossiles pourraient être concernés par les futures économies.
Le ministre n’exclut pas non plus des ajustements du côté des recettes fiscales. Il estime que le système fiscal belge contient encore de nombreuses failles qui devront être analysées.
Pas de taxe sur les grandes fortunes selon Van Peteghem
Le ministre du Budget reste en revanche opposé à l’idée d’une taxe sur les grandes fortunes, récemment proposée par le parti Vooruit. Selon lui, ce type de mesure finit régulièrement devant la Cour constitutionnelle et entraîne surtout des procédures juridiques longues et complexes. « Ce sont les avocats qui s’enrichissent », a-t-il déclaré. Vincent Van Peteghem préfère donc travailler sur des adaptations du système existant plutôt que créer de nouveaux impôts.
Le gouvernement doit présenter son projet de budget à la Commission européenne avant le 15 octobre. Le ministre espère toutefois finaliser les grandes lignes du plan budgétaire avant le 21 juillet afin de pouvoir mettre rapidement les mesures en application. Mais il prévient déjà : les efforts demandés auront des conséquences concrètes pour une grande partie des Belges. « Ces mesures se feront sentir pour tout le monde », a-t-il affirmé.
Le gouvernement promet malgré tout de maintenir un certain équilibre dans la répartition des efforts à venir.








