La dynamique économique belge s’est nettement détériorée au début de l’année 2025. Le pays enregistre un nombre inédit de faillites d’entreprises et de suppressions d’emplois sur un trimestre depuis 2014.
Ce constat alarmant, confirmé par les chiffres de Statbel, touche l’ensemble des Régions du pays, avec une intensité particulière en Flandre. Les secteurs de la construction, du commerce et de l’horeca paient le plus lourd tribut à cette vague de difficultés économiques.
Un pic de faillites jamais atteint depuis une décennie
Selon l’office belge de statistiques Statbel, 2 985 entreprises ont été déclarées en faillite en Belgique entre janvier et mars 2025. Ce chiffre représente le niveau le plus élevé enregistré depuis le premier trimestre 2014, où 2 990 entreprises avaient cessé leurs activités. Le mois de mars à lui seul a comptabilisé 1 055 faillites, en progression de 3 % sur un an et de 15 % par rapport à mars 2023. Ce volume constitue le niveau le plus haut pour un mois de mars depuis 2015.
Toutes les Régions du pays sont concernées par cette hausse, mais la Flandre concentre à nouveau une part importante de ces cessations d’activités. Elle y a même établi un nouveau record pour un mois de mars avec 628 faillites, dépassant son précédent pic de 2024 (594). Ces chiffres témoignent d’une tension structurelle dans le tissu entrepreneurial flamand, notamment chez les petites entreprises.
Trois secteurs ressortent particulièrement touchés : la construction, avec 742 faillites au premier trimestre, établit un record mensuel ; les activités spécialisées, scientifiques et techniques suivent avec 234 entreprises fermées ; enfin, le secteur du transport et de l’entreposage recense 193 faillites. Ces chiffres révèlent une vulnérabilité spécifique des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre ou à faible marge.
Des pertes d’emplois concentrées dans l’horeca et le commerce
Les faillites d’entreprises ont directement entraîné une augmentation importante des pertes d’emplois. Sur les trois premiers mois de 2025, 7 780 emplois ont été supprimés en Belgique, un record sur cette période depuis 2014, où 8 623 postes avaient été détruits. Ce pic de pertes concerne en majorité des emplois dans l’horeca et le commerce, deux secteurs historiquement sensibles aux fluctuations économiques et à la baisse de la demande.
En mars 2025, 2 745 emplois ont été perdus, soit une hausse de 32,4 % par rapport à mars 2024. La Flandre, à elle seule, a enregistré 1 906 suppressions de postes, ce qui représente une augmentation de 81,4 % sur un an. Cette situation traduit une pression accrue sur les employeurs et une réduction massive de l’activité dans plusieurs branches d’activité.
L’évolution récente interpelle les acteurs économiques. Les fédérations professionnelles appellent à une révision des dispositifs d’accompagnement des entreprises, estimant que les mesures de soutien ponctuelles, bien qu’utiles, ne suffisent plus à répondre aux difficultés structurelles. Elles alertent aussi sur les effets d’une fiscalité jugée lourde, d’un accès au crédit plus contraint et d’une rentabilité qui s’érode dans de nombreux secteurs.








