Les nouvelles règles encadrant les arrêts de travail en France sont entrée en vigueur depuis ce mardi 1er septembre 2026. Avec ces mesures, le gouvernement a renforcé l’encadrement des prescriptions médicales avec des durées plus limitées et un suivi plus précis. Alors que le coût des arrêts maladie continue de progresser, cette réforme arrive donc au cours d’une période cruciale.
L’année dernière, la facture des arrêts maladie a atteint près de 17,9 milliards d’euros, ce qui représente une hausse vertigineuse d’environ 1 milliard d’euros par an depuis 2019. Pour le gouvernement en place, cette évolution nécessite donc toute une réorganisation du système pour pouvoir limiter les abus sans toucher à la prise en charge des salariés réellement concernés.
Des arrêts de travail désormais plus courts au départ
Avec ce nouveau cadre, depuis le 1er septembre, un premier arrêt maladie ne peut désormais plus dépasser un mois. Lorsqu’un renouvellement est nécessaire, la prolongation sera limitée à une période de deux mois maximum. Ce n’est pas tout, le médecin sera dans l’obligation de préciser le motif médical justifiant l’arrêt.
Cependant, le dispositif prévoit quelques exceptions. En effet, un praticien pourra dépasser ces durées lorsqu’il estime que l’état de santé du patient le nécessite. Dans ce type de cas, le médecin devra justifier sa décision directement sur l’ordonnance. L’objectif affiché est de renforcer le suivi médical et d’éviter que certains arrêts se prolongent sans réévaluation régulière.
Ces nouvelles mesures pourraient ainsi modifier radicalement les habitudes des salariés touchés par des arrêts maladie de longue durée. Les renouvellements pourraient nécessiter davantage de consultations médicales, avec un suivi plus rapproché entre le patient et son médecin. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou défend cette évolution du système.
« Le moment est venu de remettre à plat la manière dont la gestion des arrêts maladie peut se faire dans notre pays et améliorer la prévention. C’est un enjeu majeur de santé publique, de désorganisation des entreprises et de soutenabilité des comptes de l’Assurance maladie », explique-t-il, cite Sud Ouest. Les entreprises sont également concernées par cette réforme, car les absences longues peuvent désorganiser les équipes et peser sur leur fonctionnement.
Baisse du plafond des indemnités journalières ?
Le gouvernement prévoit déjà d’autres changements pour les prochains mois. Dès le 1er novembre 2026, le plafond de salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières après un accident du travail ou une maladie professionnelle sera abaissé. Le montant pris en compte passera désormais de 3 Smic à 1,8 Smic. Selon le gouvernement, cette nouvelle mesure devrait générer environ 270 millions d’euros d’économies.
Le débat sur les dépenses liées aux arrêts de travail reste ouvert. Le Premier ministre Sébastien Lecornu souhaite poursuivre les discussions avec les partenaires sociaux et estime qu’une réforme plus large est nécessaire.« Tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années. J’entends lancer une vraie réforme, avec les partenaires sociaux, sur ce sujet », déclare-t-il. La question des jours de carence, elle aussi au centre des discussions.







