Une grosse restructuration attend l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Un plan de transformation est prévu par cet organisme, avec le risque d’une suppression de 867 postes d'emploi et une menace sur l’avenir de 30 sites de formation en France.
Cette annonce intervient alors que l’Afpa constate une baisse de son activité depuis plusieurs années. L’établissement public, qui joue un rôle important dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des salariés en reconversion, cherche à adapter son fonctionnement à l’évolution de la demande en matière de formation professionnelle.
L’Afpa confrontée à une baisse d’activité et un réseau jugé trop important
L’Afpa compte aujourd’hui environ 5 700 salariés et dispose de 142 centres de formation en France. Selon la direction, son modèle actuel est devenu difficile à maintenir en raison d’un recul important de son activité.
Entre 2021 et 2025, l’organisme indique avoir enregistré une baisse de 25 % de son chiffre d’affaires et une diminution de 39 % du nombre de stagiaires accueillis. Cette évolution s’explique notamment par des changements dans le marché de la formation professionnelle, une concurrence accrue et une évolution des besoins des entreprises et des publics accompagnés.
Face à cette situation, la direction estime que son réseau immobilier est désormais trop important par rapport au volume d’activité actuel. Le projet présenté prévoit donc une réorganisation de plusieurs centres, avec la fermeture possible de 30 sites et des regroupements dans certaines grandes villes comme Rennes, Bordeaux, Toulouse ou Marseille.
L’objectif affiché par l’Afpa est de réduire ses coûts tout en maintenant ses missions principales. Le plan prévoit également la création de 400 nouveaux postes afin d’adapter les compétences internes aux nouveaux besoins de l’organisme.
Un plan social qui inquiète les syndicats et les salariés
La restructuration annoncée suscite de fortes réactions parmi les représentants du personnel. Les syndicats CGT, FO et Sud dénoncent un projet qui pourrait fragiliser l’accès à la formation professionnelle dans plusieurs territoires.
Les organisations syndicales estiment que les suppressions de postes risquent d’avoir des conséquences sur l’accompagnement des stagiaires, notamment pour les personnes éloignées de l’emploi ou engagées dans une reconversion professionnelle.
La direction assure de son côté que cette transformation vise à garantir la pérennité de l’Afpa. Elle affirme que l’organisme doit revoir son organisation pour répondre aux nouvelles attentes du marché du travail et aux besoins des entreprises.
L’État prévoit également un accompagnement financier de 180 millions d’euros pour soutenir cette évolution. Cette aide doit permettre à l’Afpa de moderniser son fonctionnement, d’investir dans ses formations et d’accompagner les changements liés au projet de réorganisation.
La formation professionnelle face à de nouveaux défis en France
Cette situation intervient dans un contexte où la formation professionnelle occupe une place centrale dans les politiques liées à l’emploi. Les besoins évoluent rapidement avec les transformations des métiers, notamment dans l’industrie, le numérique, la transition énergétique ou encore les services.
L’Afpa, créée en 1949, forme chaque année des milliers de personnes dans des secteurs variés. Son rôle est notamment d’aider les demandeurs d’emploi à acquérir de nouvelles compétences et de faciliter les reconversions professionnelles.
Avec cette restructuration, l’organisme cherche à repositionner son offre autour des métiers qui recrutent davantage. Les nouveaux sites prévus en location et les regroupements annoncés doivent permettre une organisation plus flexible, selon la direction.
Le projet doit encore suivre les différentes étapes de consultation prévues avec les représentants du personnel avant sa mise en œuvre. Les prochaines discussions détermineront précisément l’impact territorial de cette réforme et le nombre définitif de postes concernés.
Cette nouvelle réorganisation illustre les difficultés rencontrées par certains acteurs historiques de la formation professionnelle pour adapter leurs modèles économiques tout en conservant leur mission d’accompagnement auprès des publics en recherche d’emploi ou de nouvelles qualifications.








