« La crise s’aggrave » : la recherche d’un logement est devenue un calvaire pour les étudiants

Les étudiants vivent un véritable calvaire dans leur recherche d’un logement.

Publié le
Lecture : 2 min
Précarité - Etudiants
"La crise s'aggrave" : la recherche d'un logement est devenue un calvaire pour les étudiants. Crédit Canva | Econostrum.info

Trouver un logement tourne au parcours du combattant pour de nombreux étudiants, à la veille de la rentrée universitaire. 

Entre une offre locative qui se réduit, des loyers élevés et une concurrence massive sur les petites surfaces, certains jeunes multiplient les candidatures sans obtenir de réponse. Cette situation n’inquiète pas seulement les étudiants eux-mêmes, mais aussi les professionnels de l’immobilier.

Jusqu’à 740 candidats pour une annonce

Le chiffre donne la mesure des tensions : selon l’association Que Choisir Ensemble, une annonce concernant un studio ou un T2 reçoit en moyenne 740 candidatures. Dans le même temps, le loyer moyen atteint 627,11 euros par mois en France.

Pour Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), le déséquilibre est devenu particulièrement préoccupant. Le parc de logements se contracte alors que le nombre d’étudiants progresse.

Les conséquences sont immédiates. Dans les agences, certaines annonces ne parviennent même plus jusqu’aux principaux sites immobiliers. Les professionnels disposent déjà de suffisamment de candidats et privilégient rapidement les dossiers répondant aux critères demandés.

C’est exactement une situation qui réduit la visibilité des logements pour les étudiants commençant leurs recherches tardivement.

Des dizaines de candidatures chaque jour

Pour les jeunes concernés, la recherche peut devenir un travail à plein temps. Lilirose, qui doit commencer des études de lettres à la Sorbonne, explique envoyer entre 20 et 30 candidatures quotidiennement. Refus, absence de réponse, logements trop chers ou annonces douteuses compliquent ses démarches.

À deux semaines du début de ses cours, l’étudiante se retrouve toujours sans appartement, mais visiblement, elle risque de ne pas aborder sa rentrée dans la sérénité.

D’autres finissent par accepter un logement très éloigné de leur établissement. Sidonie a ainsi trouvé un appartement en région parisienne, mais à une distance importante de son université.

La pénurie peut aussi favoriser des offres de mauvaise qualité. Selon les données rapportées par RMC, 73% des annonces étudiées ne seraient pas conformes à la loi. Des étudiants disent notamment rencontrer des logements présentant des traces d’humidité, de moisissures ou des équipements dégradés.

Le budget étudiant sous pression

Cette crise immobilière intervient alors que les dépenses des étudiants augmentent déjà. Une enquête de l’UNEF dévoilée mi-août fait état d’une progression de 74 euros par mois du coût de la vie étudiante.

Le logement représente une part majeure de ce budget. À cela s’ajoutent l’alimentation, les transports, l’énergie et les dépenses liées aux études.

Pour certains jeunes, l’impossibilité de trouver un toit à proximité de leur établissement peut aller jusqu’à remettre en question leur cursus. Le choix d’une université ne dépend alors plus seulement de la formation souhaitée, mais aussi de la possibilité de se loger.

Une situation qui pourrait encore se détériorer

Il ne devrait pas y avoir une amélioration rapide, estiment les professionnels du secteur. Loïc Cantin estime même que la crise pourrait être plus grave l’année prochaine si l’offre continue de diminuer face à la demande.

Sur le plan politique, un projet de loi consacré à la « relance et la décentralisation du logement » doit être examiné en octobre. Pour le président de la FNAIM, ce calendrier ne permet pas de répondre aux difficultés immédiates rencontrées à la rentrée.

Pour les étudiants toujours sans solution, l’urgence est beaucoup plus proche : les cours vont reprendre dans quelques jours ou quelques semaines. Et dans les zones universitaires les plus tendues, décrocher un studio abordable ressemble désormais à une véritable course contre la montre.

Laisser un commentaire

Partages