La question du financement de la retraite occupe une place croissante dans les préoccupations des salariés français. Entre l’allongement de la durée de vie, les réformes successives du système de retraite et les incertitudes sur le niveau futur des pensions, de nombreuses entreprises cherchent à proposer des solutions complémentaires à leurs collaborateurs. Parmi elles figure le Plan épargne retraite obligatoire (PERO).
Créé dans le cadre de la réforme de l’épargne retraite portée par la loi Pacte, le PERO permet à certains salariés de se constituer une épargne destinée à compléter leur pension lorsqu’ils cesseront leur activité professionnelle. Contrairement au Plan d’épargne retraite individuel (PER individuel), l’adhésion n’est pas laissée au choix du salarié lorsqu’il appartient à la catégorie de personnel concernée par le dispositif.
Une épargne alimentée par plusieurs types de versements
Le PERO peut être alimenté de différentes manières. Les versements obligatoires de l'employeur constituent généralement la base du dispositif. Les salariés peuvent également effectuer des versements volontaires afin d’augmenter leur épargne retraite.
D’autres sommes peuvent aussi être versées sur le plan, notamment les droits inscrits sur un compte épargne-temps, certains jours de repos non pris dans la limite prévue par la réglementation ou encore des sommes issues de dispositifs d’épargne salariale.
Les fonds sont investis sur différents supports financiers. Les salariés ont généralement le choix entre une gestion libre, dans laquelle ils sélectionnent eux-mêmes leurs placements, et une gestion pilotée. Dans ce second cas, l’épargne est progressivement orientée vers des supports moins risqués à mesure que l’âge de la retraite approche.
Pour l’entreprise, le PERO constitue également un outil de fidélisation et d’attractivité. Les cotisations patronales peuvent bénéficier d’avantages sociaux et fiscaux sous certaines conditions. Les versements volontaires réalisés par les salariés peuvent quant à eux être déductibles du revenu imposable dans les limites prévues par la loi.
Quels droits au moment de la retraite ?
Le PERO est conçu pour être conservé jusqu’au départ à la retraite. Toutefois, les modalités de sortie dépendent de l’origine des sommes versées.
Les droits issus des versements obligatoires de l'employeur sont en principe liquidés sous forme de rente viagère. En revanche, les sommes provenant des versements volontaires, de l’épargne salariale ou du compte épargne-temps peuvent être récupérées sous forme de capital, de rente ou d’une combinaison des deux. Les retraits en capital peuvent même être fractionnés.
Le dispositif prévoit également plusieurs situations permettant un déblocage anticipé. C’est notamment le cas en cas d’invalidité, de décès du conjoint ou du partenaire de PACS, de surendettement, de fin des droits au chômage ou encore de liquidation judiciaire pour un travailleur non salarié.
L’acquisition de la résidence principale peut aussi justifier un déblocage anticipé, mais cette possibilité ne concerne pas les droits issus des versements obligatoires de l'employeur, qui restent bloqués jusqu’à la retraite.
Enfin, les droits détenus dans un PERO sont transférables vers un autre plan d’épargne retraite. Cette portabilité permet au salarié de conserver son épargne même lorsqu’il change d’entreprise, un avantage devenu particulièrement important dans un contexte de mobilité professionnelle croissante.








