Après plusieurs baisses successives, le Livret A devrait retrouver un rendement plus favorable. L’annonce officielle est attendue cette semaine, avant une application du nouveau taux au 1er août. Les premières estimations évoquent une rémunération portée à 1,8 %.
Le taux du Livret A devrait être dévoilé conjointement par le ministère de l’Économie et la Banque de France le mercredi 15 juillet 2026. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait déjà confirmé fin juin qu’une hausse était en préparation. Cette évolution mettrait fin à une série de replis entamée après le niveau de 3 % atteint en 2023. Le rendement est descendu à 1,7 % en août 2025, puis à 1,5 % depuis le 1er février 2026, selon Service-Public.
Le nouveau taux n’est pas encore officiel. Les économistes Éric Dor, directeur des études économiques à l’IÉSEG, et Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, avancent tous deux l’hypothèse de 1,8 %.

L’inflation pousse le rendement vers le haut
La rémunération du Livret A est recalculée deux fois par an. La formule prend en compte l’inflation moyenne hors tabac ainsi qu’un taux lié aux échanges monétaires entre banques de la zone euro. La reprise de l’inflation au printemps devrait donc soutenir le taux. La hausse des prix a atteint 2,4 % sur un an en mai, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et le renchérissement de l’énergie.
Le gouvernement peut s’écarter du résultat obtenu par la formule, sur recommandation de la Banque de France. Il devra trouver un équilibre entre le rendement accordé aux épargnants et le coût supporté par les banques et les organismes qui utilisent cette épargne pour financer le logement social.
Combien rapporterait un taux à 1,8 % ?
Avec un taux annuel de 1,8 %, une somme de 10 000 euros conservée pendant une année entière rapporterait environ 180 euros, contre 150 euros avec le taux actuel. Pour un Livret A rempli jusqu’à son plafond de 22 950 euros, le gain annuel théorique atteindrait un peu plus de 413 euros. Ces calculs supposent que l’argent reste placé durant toute l’année. Les intérêts sont comptabilisés par quinzaine et ne sont soumis ni à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux. Le LDDS suivra la même évolution que le Livret A, puisque sa rémunération est identique.
Le Livret A reste concurrencé par l’assurance vie
La remontée attendue arrive alors que l’assurance vie attire une part grandissante de l’épargne française. À la fin de mai 2026, son encours atteignait 2 162 milliards d’euros, en hausse de 117 milliards sur un an, selon France Assureurs. Les fonds en euros affichaient récemment un rendement brut moyen supérieur à celui du Livret A. Leur rémunération reste néanmoins soumise à la fiscalité, contrairement aux intérêts de l’épargne réglementée.
Le futur rendement du Livret d’épargne populaire doit être annoncé au même moment. Réservé aux ménages répondant à certaines conditions de revenus, il rapporte actuellement 2,5 %. Les estimations évoquent un maintien à ce niveau ou une hausse pouvant aller jusqu’à 2,8 %. La décision officielle dira si le rebond de l’inflation profitera aussi aux titulaires de ce livret destiné aux épargnants modestes.








