La nouvelle collaboration entre Swatch et Audemars Piguet crée déjà une véritable agitation dans le monde de l’horlogerie suisse. Quelques jours avant sa commercialisation officielle, la montre «Royal Pop» apparaît déjà sur des plateformes de revente à des prix largement supérieurs à son tarif d’origine.
Le modèle, qui sera vendu 350 francs dès le 16 mai, est proposé en ligne à des montants pouvant atteindre près de 4000 francs. Cette flambée des prix avant même la sortie officielle rappelle le phénomène MoonSwatch et montre une nouvelle fois l’ampleur de la spéculation autour des collaborations horlogères les plus attendues.
Une montre atypique qui suscite déjà un énorme engouement
Depuis l’annonce du partenariat entre Swatch et Audemars Piguet la semaine dernière, les amateurs de montres suivent de près l’arrivée de la «Royal Pop». La collaboration intrigue autant qu’elle attire l’attention, car elle associe l’univers accessible et populaire de Swatch à celui du très haut de gamme incarné par Audemars Piguet.
Dévoilée officiellement mercredi, la montre adopte un design volontairement éloigné des codes classiques de l’horlogerie suisse. Contrairement à une montre-bracelet traditionnelle, la «Royal Pop» se présente comme une montre de poche reliée à un cordon coloré. Swatch décrit ce modèle comme un mélange «d’audace» et de «provocation positive».
Le concept semble avoir immédiatement trouvé son public. Plusieurs déclinaisons de couleurs sont prévues et la montre mise clairement sur son aspect mode et personnalisable. Selon Grégory Pons, spécialiste du secteur horloger interrogé par 20 Minutes, cette approche pourrait séduire particulièrement une clientèle féminine.
L’expert estime que la possibilité de porter la montre de différentes façons constitue l’un de ses principaux atouts. Elle peut notamment être utilisée comme pendentif ou attachée à un sac à main. «Il va y avoir une explosion créative dans la façon de porter des montres», affirme-t-il.
Le lancement officiel est prévu le 16 mai au prix de 350 francs. Malgré cela, les premières annonces de revente sont déjà apparues sur internet avec des tarifs parfois dix fois supérieurs au prix annoncé par Swatch.
Des annonces à 4000 francs qui alimentent déjà la spéculation
Sur plusieurs plateformes de revente, la «Royal Pop» est affichée à des prix pouvant frôler les 4000 francs alors que les premiers exemplaires ne sont même pas encore disponibles en boutique. Cette situation interroge de nombreux internautes et relance les débats sur la spéculation dans l’univers des montres en édition limitée ou très médiatisées.
Pour Grégory Pons, ces annonces doivent toutefois être prises avec beaucoup de prudence. Le spécialiste considère qu’il s’agit surtout d’une stratégie destinée à créer du buzz autour des vendeurs plutôt que de véritables ventes de montres obtenues en avance.
«C’est totalement bidon», tranche-t-il. Selon lui, ce phénomène est devenu fréquent avec l’essor des réseaux sociaux et des plateformes de revente en ligne. Dès qu’un produit suscite un fort intérêt médiatique, certaines annonces apparaissent immédiatement afin de profiter des algorithmes et d’attirer du trafic.
L’expert souligne aussi qu’il paraît peu probable que de vraies montres aient déjà quitté les circuits officiels. Les modèles étant numérotés et traçables, une revente anticipée représenterait un risque important pour toute personne impliquée dans la fabrication ou la distribution.
La situation rappelle fortement le lancement des MoonSwatch, fruit de la collaboration entre Swatch et Omega. À l’époque, les files d’attente devant les boutiques avaient fait le tour du monde et certains modèles étaient revendus plusieurs fois leur prix quelques heures seulement après leur achat.
Cette fois, Grégory Pons estime que Swatch semble mieux préparé à répondre à la demande. Selon lui, il devrait être possible d’obtenir une «Royal Pop» sans devoir céder immédiatement à la spéculation, même si certains acheteurs seront toujours prêts à payer beaucoup plus cher pour l’obtenir dès le premier jour.
L’expert s’attend malgré tout à une très forte affluence lors du lancement officiel. Il va même jusqu’à prédire «un kilomètre de queue» samedi devant la boutique Swatch de Genève. Lui-même prévoit de s’y rendre et reconnaît avec humour qu’il pourrait bien repartir avec une montre si sa femme lui en demande une.








