L’accord douanier entre la Suisse et les États-Unis a permis à la Confédération d’accorder de nouveaux quotas pour la viande produite aux États-Unis. Cet accord, négocié sous l’impulsion de Donald Trump, prévoyait des concessions, dont la réduction des droits de douane sur certains produits suisses en échange de l’ouverture de quotas pour l’importation de viande américaine.
Cependant, malgré cette entente, les grandes surfaces suisses ont exprimé leur désintérêt pour les produits carnés américains. Cette situation met en lumière un fossé entre les exigences commerciales internationales et les préférences des consommateurs suisses.
L’accord douanier avec les États-Unis : Une ouverture à la viande américaine
L’accord douanier entre la Suisse et les États-Unis, bien qu’il ait attiré l’attention des médias, a principalement été axé sur les investissements et la réduction des droits de douane. Dans le cadre de cet accord, les États-Unis ont exigé l’ouverture de nouveaux quotas pour la viande en provenance de leur pays. Ainsi, la Suisse a accepté d’importer 500 tonnes de bœuf, 1000 tonnes de viande de bison et 1500 tonnes de volailles. De plus, cet accord a soulevé la question du poulet traité au chlore, une méthode de désinfection des volailles, interdite en Suisse mais qui pourrait devenir un point de friction si les discussions se poursuivent.
Cependant, contrairement aux attentes du gouvernement américain, cet accord ne semble pas susciter l’enthousiasme chez les distributeurs suisses. Migros, Coop, et les autres grandes surfaces ont exprimé leur volonté de continuer à privilégier la viande suisse. Pour ces enseignes, l’origine locale des produits reste primordiale, non seulement pour des raisons économiques, mais également en réponse aux préoccupations sanitaires et environnementales des consommateurs.
Le rejet de la viande américaine par les détaillants suisses : Une priorité donnée aux produits locaux
Les grandes surfaces suisses semblent peu enclines à intégrer de la viande en provenance des États-Unis dans leurs rayons. Selon un porte-parole de Migros, l’accord douanier avec les États-Unis ne modifiera en rien leur stratégie d’approvisionnement, qui continue de privilégier la viande suisse chaque fois que possible, rapporte Blick. Coop, le plus grand concurrent de Migros, partage cette position, insistant sur le fait que la viande locale est clairement prioritaire dans son assortiment. Même les discounters, tels que Lidl et Aldi, qui sont généralement sensibles aux pressions du marché et aux prix compétitifs, ont affirmé qu’ils n’étaient pas intéressés par l’intégration de viande américaine, qu’il s’agisse de bœuf, de poulet ou de bison.
Les raisons de ce rejet sont multiples. Tout d’abord, les consommateurs suisses accordent une grande importance à l’origine des produits qu’ils achètent. L’attachement à la viande locale, perçue comme étant de meilleure qualité et respectant des normes de production strictes, est un facteur décisif. En outre, bien que la viande américaine soit parfois moins chère, son prix d’achat élevé, dû à des frais d’importation et à une demande limitée, rend sa commercialisation en Suisse économiquement peu viable.
Philippe Häberli, de l’association interprofessionnelle Proviande, souligne également que les consommateurs suisses sont particulièrement préoccupés par l’utilisation d’hormones dans la production de viande en provenance des États-Unis. En effet, la viande américaine est souvent traitée avec des hormones de croissance, ce qui est un facteur dissuasif pour une partie importante de la population suisse. De plus, la nécessité d’informer les consommateurs sur la concentration d’hormones dans la viande importée rend ce produit encore moins attrayant pour les consommateurs soucieux de la santé et du bien-être animal.
La viande suisse : Une préférence culturelle et économique
Les supermarchés suisses, en dépit de la volonté de certaines autorités politiques d’élargir les échanges commerciaux avec les États-Unis, restent fermement attachés à la viande suisse. Pour les détaillants, cette préférence répond à plusieurs enjeux : la fidélité des consommateurs, les normes sanitaires strictes et le respect des attentes locales en matière de traçabilité et de bien-être animal. Environ 80% du bœuf vendu en Suisse provient de producteurs locaux, et pour le poulet, ce chiffre atteint près de 65%. Bien que certains morceaux de bœuf proviennent d’Allemagne ou d’Amérique du Sud, la majorité de la viande disponible dans les rayons des supermarchés suisses est locale, ce qui montre l’importance accordée à l’approvisionnement national.
De plus, la viande suisse bénéficie d’une image de qualité, répondant à des standards élevés en matière de production durable et de respect de l’environnement. Cette préférence pour les produits locaux est également soutenue par des politiques publiques qui privilégient l’agriculture locale et la protection de l’environnement. Les supermarchés suisses jouent donc un rôle essentiel dans la promotion de ces valeurs, qui rencontrent un large soutien parmi les consommateurs.








