Les Suisses gagnant plus de 8000 francs ont ce réflexe que les revenus modestes adoptent beaucoup moins 

Une enquête montre que tous les ménages suisses ne profitent pas de la même manière des outils censés aider à faire des économies.

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Les Suisses gagnant plus de 8000 francs ont ce réflexe que les revenus modestes adoptent beaucoup moins : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Comparer avant d’acheter est devenu un réflexe pour une partie croissante des consommateurs suisses. Les plateformes de comparaison occupent aujourd’hui une place importante dans des décisions qui touchent aussi bien les assurances que les voyages, l’immobilier ou les dépenses du quotidien. 

Mais leur usage reste loin d’être uniforme selon les catégories de population. Une enquête représentative publiée par Comparis met en évidence un écart marqué lié au revenu et au niveau de formation, avec des conséquences qui dépassent la simple question des habitudes numériques.

Les revenus et le niveau de formation pèsent fortement sur l’usage des comparateurs

Les personnes disposant d’un revenu élevé utilisent nettement plus les plateformes de comparaison que celles aux revenus plus modestes. C’est le principal enseignement d’un sondage représentatif réalisé pour Comparis.

Selon les résultats de l’étude publiés mardi, environ trois quarts des ménages dont le revenu mensuel brut dépasse 8000 francs consultent régulièrement des services de comparaison comme Comparis ou Booking.com.

À l’opposé, cette proportion descend à environ un ménage sur deux lorsque le revenu mensuel brut ne dépasse pas 4000 francs.

Le niveau de formation semble également jouer un rôle important dans ces comportements. L’étude montre que près de trois quarts des personnes ayant un niveau de formation élevé utilisent des comparateurs en ligne, contre un peu moins de 60 % parmi les personnes ayant un niveau de formation faible ou intermédiaire.

Pour Michael Kuhn, expert financier chez Comparis, ce constat soulève une question particulière : les ménages qui pourraient théoriquement bénéficier le plus des économies permises par ces outils ne sont pas forcément ceux qui les utilisent le plus.

Dans le communiqué accompagnant l’étude, il estime que certains ménages aux revenus modestes restent davantage méfiants à l’égard de ces plateformes. Il avance également une autre explication. L’utilisation des comparateurs nécessite souvent des compétences numériques ainsi qu’une capacité à interpréter des informations chiffrées qui peut dépasser les usages numériques les plus courants.

Selon lui, ces plateformes pourraient réduire certaines barrières en devenant plus simples à utiliser, plus transparentes dans leur fonctionnement et plus pédagogiques dans la présentation des résultats.

L’enjeu dépasse le confort numérique. Dans un contexte où le coût de la vie reste une préoccupation récurrente, la capacité à comparer efficacement les offres peut aussi influencer les dépenses réelles des ménages.

Vacances, assurance maladie et immobilier dominent les usages des plateformes

L’étude apporte aussi un éclairage sur les domaines dans lesquels les Suisses utilisent le plus les comparateurs. Les offres liées aux vacances arrivent en tête des usages. Au cours des douze derniers mois, 52 % des personnes interrogées déclarent avoir utilisé ces plateformes pour rechercher ou comparer des offres de voyage.

Les caisses d’assurance maladie occupent la deuxième position avec 37 %. Derrière, les comparateurs sont utilisés pour la recherche de biens immobiliers à hauteur de 28 %, suivie par la comparaison des prix des biens de consommation avec 27 %.

La recherche de véhicules complète le classement avec 24 %. Ces résultats montrent que les comparateurs ne sont plus limités à des achats ponctuels ou exceptionnels. Ils interviennent désormais dans des décisions variées qui concernent plusieurs postes de dépenses.

L’étude identifie également les plateformes les plus utilisées en Suisse. Comparis arrive en première position avec un peu plus de 60 % d’utilisateurs. Booking.com suit avec 56 %, devant Immoscout24 qui atteint 42 %. Homegate et Autoscout24 enregistrent chacun 36 %.

Ces données illustrent une réalité parfois contre-intuitive : l’accès aux outils numériques existe largement, mais leur adoption dépend encore fortement du niveau de revenu, des habitudes et de la confiance accordée aux plateformes.

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