Face à un environnement économique qui reste sous pression, le Conseil fédéral a décidé de prolonger le recours au chômage partiel afin de soutenir les entreprises et préserver l’emploi. Dès le 1er août, la durée maximale des indemnisations liées à la réduction de l’horaire de travail (RHT) passera à vingt-quatre mois, contre douze actuellement.
Cette prolongation s’appliquera dans un premier temps pour une période de six mois. Le gouvernement justifie cette mesure par des perspectives économiques moins favorables et par des tensions internationales qui continuent de peser sur plusieurs secteurs clés de l’économie suisse.
Une prolongation du dispositif pour limiter l’impact du ralentissement économique
Le Conseil fédéral a officialisé mercredi l’extension temporaire de la durée maximale des indemnisations en cas de chômage partiel. Concrètement, les entreprises pourront conserver cet outil pendant deux ans au total au lieu d’une année dans le cadre actuel.
La réduction de l’horaire de travail constitue depuis longtemps un mécanisme destiné à éviter des suppressions de postes lorsque l’activité ralentit. Le principe est de permettre aux employeurs de diminuer temporairement le temps de travail sans mettre fin aux contrats. Les salariés concernés continuent alors de percevoir une partie de leur revenu grâce aux indemnités prévues par ce système.
Cette nouvelle décision intervient dans un contexte que le gouvernement qualifie de difficile. Les dernières prévisions conjoncturelles de la Confédération anticipent une économie suisse qui devrait évoluer durablement sous son rythme moyen habituel. Les autorités fédérales s’attendent également à une légère progression du chômage dans les prochains mois.
Dans son communiqué, le Conseil fédéral souligne que cette prolongation répond à la nécessité de donner davantage de visibilité aux entreprises confrontées à une demande moins dynamique. L’objectif affiché est d’éviter que des difficultés conjoncturelles ne se traduisent rapidement par des licenciements et une dégradation plus marquée du marché de l’emploi.
Cette orientation n’apparaît pas comme une rupture politique. Lors de la session d’automne 2025, le Parlement avait déjà largement soutenu un projet visant à porter la durée maximale des indemnisations à vingt-quatre mois, contre dix-huit auparavant. La décision prise aujourd’hui s’inscrit donc dans une continuité des mesures envisagées pour renforcer les capacités d’adaptation de l’économie suisse.
Le gouvernement précise qu’il procédera à une nouvelle évaluation d’ici la fin de l’année afin de déterminer si une prolongation supplémentaire du dispositif reste nécessaire selon l’évolution de la situation économique.
Les tensions internationales fragilisent les secteurs exportateurs suisses
Si la mesure vise l’ensemble du tissu économique, le Conseil fédéral identifie plusieurs facteurs extérieurs qui expliquent cette intervention.
Parmi eux figurent les tensions persistantes au Moyen-Orient, dont les effets se font ressentir sur les marchés de l’énergie ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Pour une économie ouverte comme celle de la Suisse, fortement intégrée aux échanges internationaux, ces perturbations peuvent rapidement avoir des répercussions sur les coûts de production et sur les perspectives commerciales.
À cela s’ajoute l’incertitude créée par les droits de douane additionnels mis en place par les États-Unis. Ces évolutions alimentent un climat moins favorable pour les entreprises dépendantes des exportations et compliquent les décisions d’investissement.
Le Conseil fédéral souligne que certaines branches sont particulièrement exposées. C’est notamment le cas de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, plus connue sous le nom d’industrie MEM. Ce secteur représente un pilier industriel du pays et demeure sensible aux variations de la demande mondiale.
L’industrie horlogère est également citée parmi les domaines qui ressentent davantage les effets du contexte international actuel. Très orientée vers l’exportation, elle reste dépendante de la consommation étrangère et des conditions commerciales sur les marchés internationaux.
Avec cette prolongation du chômage partiel, l’exécutif fédéral cherche avant tout à éviter une détérioration rapide de l’emploi et à offrir davantage de temps aux entreprises pour absorber les effets d’un environnement économique devenu plus incertain.








