291 millions de francs d’indemnités chômage : près d’un tiers de l’aide sociale suisse profite à des travailleurs étrangers

Le Conseil fédéral suisse publie les chiffres des indemnités chômage versées aux frontaliers. Une réforme européenne pourrait augmenter fortement la facture pour la Suisse.

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291 millions de francs d’indemnités chômage : près d’un tiers de l’aide sociale suisse profite à des travailleurs étrangers : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

La question des frontaliers européens suscite un débat croissant en Suisse. Chaque année, le pays verse des prestations chômage aux travailleurs venant de l’étranger. 

En 2025, ces versements ont atteint 291 millions de francs pour plus de 35’000 personnes. Une réforme européenne en préparation pourrait bouleverser le système actuel et alourdir considérablement les coûts pour la Suisse.

Les chiffres du chômage des frontaliers en Suisse

Selon le Conseil fédéral, la Suisse a remboursé en 2025 environ 291 millions de francs aux États membres de l’Union européenne pour des prestations d’assurance chômage. Selon les informations relayées par 20Minutes, ces versements ont concerné 35’346 chômeurs ayant travaillé en Suisse. Le gouvernement précise toutefois que ces données ne permettent pas de tirer des conclusions directes sur le taux de chômage des frontaliers. Le pays compte environ 410’000 travailleurs transfrontaliers, originaires principalement de France, d’Allemagne, d’Italie et d’Autriche.

La question a été soulevée lors de l’heure des questions du National, par Daniel Sormanni (MCG/GE) et Barbara Steinemann (UDC/ZH). Les élus souhaitaient connaître le nombre exact de frontaliers actuellement inscrits au chômage. Cette demande met en lumière l’attention portée aux flux transfrontaliers et à l’impact économique de l’emploi de travailleurs venant des pays voisins.

Une réforme européenne qui pourrait coûter cher à la Suisse

La Commission européenne souhaite modifier le règlement sur l’assurance chômage des frontaliers. Actuellement, c’est le pays de résidence qui verse les indemnités. Selon le nouveau projet, ce serait désormais le pays de travail qui prendrait en charge ces prestations. Pour la Suisse, cela pourrait représenter plusieurs centaines de millions, voire près d’un milliard de francs supplémentaires par an.

Le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou, a rappelé que la France perdait 860 millions d’euros par an avec le système actuel et entend « mettre la pression » sur la Suisse pour appliquer le nouvel accord européen. Daniel Sormanni a interrogé le Conseil fédéral sur la manière dont il comptait refuser cette modification. Le gouvernement suisse a répondu que le Parlement européen devait encore voter sur le texte, vraisemblablement cet été.

Une fois la décision européenne adoptée, l’UE pourra demander à la Suisse de reprendre le règlement modifié. Le Conseil fédéral a précisé que les analyses étaient en cours et qu’il serait prématuré de s’exprimer sur l’application d’un texte encore inconnu. Cette situation illustre la complexité de la coordination entre droit national et régulations européennes, et l’impact potentiel sur le budget fédéral suisse.

L’enjeu dépasse donc le simple versement d’indemnités. Il touche à la compétitivité du marché du travail suisse, à la gestion des frontaliers et à l’équilibre financier du pays. Les autorités doivent concilier respect des accords internationaux et maîtrise des coûts pour éviter un alourdissement significatif des dépenses publiques. La question reste sensible politiquement et pourrait influencer les négociations et décisions législatives dans les mois à venir.

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