Faire des profits sans jamais avoir mis les pieds en Suisse : La Confédération offre une chance inédite aux entrepreneurs étrangers

L’e-résidence en Suisse offre une solution novatrice pour attirer des entrepreneurs étrangers, tout en renforçant l’indépendance économique du pays et sa compétitivité.

Publié le
Lecture : 3 min
entrepreneur
Faire des profits sans jamais avoir mis les pieds en Suisse : La Confédération offre une chance inédite aux entrepreneurs étrangers : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La Suisse, avec son système financier stable et son environnement favorable aux affaires, pourrait bientôt offrir une opportunité inédite aux entrepreneurs étrangers grâce à un programme d’e-résidence. Cette carte d’identité numérique permettrait à des entrepreneurs du monde entier de créer et gérer une entreprise en Suisse sans jamais y mettre les pieds. 

Estelle Revaz, conseillère nationale du PS (Parti socialiste), plaide en faveur de cette initiative pour renforcer l’indépendance économique du pays vis-à-vis des géants technologiques américains. Si ce modèle, déjà mis en place en Estonie, a prouvé son efficacité, il pourrait ouvrir de nouvelles perspectives à la Suisse, en matière de numérisation et d’innovation.

Le modèle de l’e-résidence : création d’entreprises à distance

L’idée de l’e-résidence en Suisse s’inspire directement de l’expérience réussie de l’Estonie, qui, depuis 2014, permet aux entrepreneurs étrangers d’enregistrer une entreprise en ligne et d’accéder à des services tels que les opérations bancaires, la gestion des impôts, et la signature électronique. Ce modèle a permis à l’Estonie de générer des revenus significatifs, atteignant environ 67,5 millions d’euros en 2023, tout en attirant des milliers d’entrepreneurs internationaux.

Estelle Revaz propose de transposer ce système en Suisse, un pays déjà reconnu pour son environnement économique et fiscal attractif. Le projet d’e-résidence permettrait aux entrepreneurs étrangers de lancer une entreprise en Suisse sans nécessiter de visa ni de présence physique. À travers une carte d’identité numérique, les créateurs d’entreprises pourraient ainsi accéder à tous les services administratifs nécessaires à la gestion de leur société, tout en profitant des avantages d’un cadre juridique et fiscal stable.

Le programme vise particulièrement les entrepreneurs extérieurs à l’Union Européenne, qui rencontrent souvent des difficultés pour s’installer en Europe. Grâce à ce système, la Suisse pourrait attirer des start-ups de ces régions, mais aussi des nomades numériques, ces travailleurs indépendants recherchant une plus grande flexibilité. En permettant la création d’entreprises à distance, la Suisse deviendrait une destination privilégiée pour ces profils. Cependant, comme l’explique Estelle Revaz, ce programme ne confère pas la nationalité suisse, mais offre simplement un accès facilité à la création d’entreprise.

En revanche, les citoyens de l’UE n’auraient pas grand intérêt à bénéficier de l’e-résidence, car ils peuvent déjà s’installer librement en Suisse grâce à la libre circulation des personnes. Pour eux, créer une entreprise à l’extérieur de l’UE est souvent plus complexe et coûteux que d’opter pour des alternatives locales. C’est donc un programme qui se veut particulièrement attractif pour les non-résidents européens.

Un levier stratégique pour la compétitivité de la Suisse face aux géants technologiques américains

Au-delà de la simplification des démarches administratives pour les entrepreneurs étrangers, le projet d’e-résidence s’inscrit également dans une vision stratégique visant à réduire la dépendance de la Suisse aux grandes entreprises technologiques américaines. Estelle Revaz souligne que, bien que des sommes importantes soient investies dans la formation et la recherche, les jeunes entreprises suisses sont souvent rachetées à bas prix par les géants de la Silicon Valley, relate Blick. Cela empêche la Suisse de récolter pleinement les fruits de ses efforts d’innovation.

En attirant davantage d’entrepreneurs étrangers, la Suisse pourrait renforcer son écosystème d’innovation et favoriser la croissance de start-ups locales tout en gardant leur capital et leur savoir-faire sur le sol suisse. Le programme d’e-résidence offrirait ainsi une alternative aux pratiques actuelles, en permettant à des entreprises de s’implanter sans se soumettre à la pression des investissements américains. Selon Revaz, la Suisse a souvent une “peur d’investir dans l’avenir”, une prudence qui empêche une prise de risque nécessaire à la croissance de jeunes entreprises.

De plus, la numérisation des services publics, à travers l’introduction d’une carte d’identité numérique comme l’e-résidence, renforcerait l’efficience administrative du pays. Cela permettrait non seulement de stimuler la compétitivité de la Suisse mais aussi de lui donner un rôle de leader dans l’ère numérique.

Le principal défi pour la Suisse réside dans l’évolution de sa culture économique. Alors que des pays comme les États-Unis considèrent le risque comme une opportunité, la Suisse a tendance à se montrer plus prudente. Pour surmonter cette réticence, un programme comme l’e-résidence permettrait de favoriser l’intégration d’entrepreneurs étrangers sans nécessairement exiger des investissements à haut risque de la part des acteurs locaux.

Laisser un commentaire

Share to...