L’accès à la propriété en Suisse est de plus en plus difficile, une réalité confirmée par une étude menée par Comparis. Bien que la Suisse soit un des pays les plus riches d’Europe, la majorité de ses habitants vit toujours dans des appartements loués, surtout dans les grandes villes où les prix de l’immobilier ont atteint des niveaux inaccessibles pour une grande partie de la population.
Selon cette enquête, les disparités entre les différentes catégories sociales et les tranches d’âge sont marquées, avec des difficultés accrues pour les jeunes et les ménages à faibles revenus. Ce phénomène soulève des questions sur l’équité d’accès au logement et les implications à long terme pour le marché immobilier du pays.
Les inégalités d’accès à la propriété selon les revenus et l’âge
D’après l’enquête réalisée par l’institut de sondage Innofact pour Comparis, 57 % des 1016 personnes interrogées vivent dans un appartement en location. Parmi les jeunes adultes, ce pourcentage atteint même 68 % pour la tranche des 18-35 ans. Ces chiffres révèlent une tendance marquée : l’accès à la propriété en Suisse reste fortement conditionné par l’âge et le niveau de revenu. En effet, les jeunes adultes, souvent en début de carrière, peinent à accéder à la propriété, ce qui s’explique en grande partie par la difficulté à réunir un apport initial suffisant et par les mensualités de prêts immobiliers trop élevées.
Les revenus jouent également un rôle majeur dans cette problématique. L’étude démontre que les ménages dont le revenu brut mensuel est inférieur ou égal à 4000 francs suisses sont dans une situation précaire vis-à-vis de l’accession à la propriété, avec environ 70 % de ces foyers vivant en location. En revanche, parmi ceux dont les revenus dépassent 8000 francs, seulement 45 % sont locataires. Un contraste frappant qui illustre la corrélation entre pouvoir d’achat et possibilité d’acquérir un bien immobilier. Selon l’enquête, 24 % des personnes interrogées possèdent leur propre maison, et 12,5 % détiennent un appartement en propriété.
L’accès à la propriété devient donc plus probable avec l’âge, les personnes âgées étant plus susceptibles de devenir propriétaires, mais même parmi les tranches d’âge les plus avancées, la barrière du prix reste présente. En effet, pour acquérir un bien immobilier dans les grandes villes comme Zurich ou Genève, il faut souvent contracter des hypothèques de l’ordre du million de francs, un montant inaccessible pour de nombreux Suisses, malgré un revenu relativement élevé.
L’impact des grandes agglomérations et des prix de l’immobilier
Les prix de l’immobilier en Suisse, particulièrement dans les grandes agglomérations, continuent d’augmenter, ce qui rend l’accession à la propriété de plus en plus difficile, même pour les revenus élevés. Cette situation est particulièrement marquée en milieu urbain, où la demande de logements est forte, mais l’offre reste insuffisante pour répondre aux besoins croissants. Par exemple, dans ces régions, un appartement de 4 à 4,5 pièces, qui est la taille la plus courante en Suisse, devient un bien inabordable pour de nombreuses familles et jeunes couples.
L’enquête révèle que 40 % des Suissesses et Suisses vivent dans des logements dont la surface habitable varie entre 71 et 110 m². Parmi ces derniers, environ 20 % occupent un logement de 71 à 90 m², et une proportion similaire occupe des appartements de 91 à 110 m². Seuls 12 % des personnes interrogées ont la chance de vivre dans des appartements de plus de 150 m². Ces données soulignent non seulement la différence de taille des logements entre les propriétaires et les locataires, mais aussi la tendance des personnes ayant des revenus plus élevés à accéder à des surfaces plus grandes, et donc à un niveau de confort supérieur.
Les propriétaires bénéficient ainsi d’un logement plus spacieux en moyenne. En effet, l’étude de Comparis montre que les propriétaires occupent des logements significativement plus grands que ceux des locataires. Cette disparité est également observable selon le niveau de formation : les personnes plus qualifiées ont tendance à posséder des logements plus grands et à vivre dans des quartiers plus chers.
En outre, l’enquête révèle un autre aspect intéressant : en Suisse, les caves sont considérées comme un équipement de base, contrairement aux greniers, qui sont moins fréquents dans les logements. 92 % des personnes interrogées disposent d’une cave ou d’un compartiment de cave, tandis que seulement 41 % ont accès à un grenier. Cette différence s’explique par des raisons historiques et pratiques, notamment le fait que les caves ont été largement utilisées comme espaces de stockage après la guerre froide, lorsqu’elles étaient considérées comme un abri obligatoire.








