Si l’autorisation est accordée, Revolut pourrait proposer des IBAN suisses, des comptes salaires ou encore eBill. Pour accompagner cette offensive, le groupe prévoit d’investir plus de 150 millions de francs en Suisse au cours des cinq prochaines années.
Cette demande marque une nouvelle étape pour l’entreprise britannique, qui cherche désormais à ne plus être seulement une application utilisée pour les paiements, les voyages ou les investissements, mais une banque capable d’accueillir l’ensemble des finances quotidiennes de ses clients suisses.
Le salaire pourrait arriver directement sur Revolut
Aujourd’hui, les utilisateurs suisses sont servis par Revolut Bank UAB, établissement disposant d’une licence bancaire en Lituanie et d’une représentation en Suisse. Revolut ne détient donc pas encore de licence bancaire helvétique à proprement parler.
L’obtention de celle-ci changerait considérablement la donne. Revolut pourrait attribuer des IBAN suisses à ses clients et permettre le versement direct des salaires sur ses comptes, une fonction essentielle pour devenir la banque principale d’un ménage plutôt qu’un simple compte secondaire.
Le groupe prévoit également d’intégrer eBill, le système largement utilisé en Suisse pour recevoir et régler les factures directement depuis la banque en ligne. Les dépôts des clients de la future entité bénéficieraient par ailleurs du régime suisse de garantie des dépôts.
«Avec notre propre licence bancaire, nous deviendrions une véritable banque suisse», explique Julian Biegmann, directeur général de Revolut Suisse cité par 20Minutes. L’objectif affiché est de permettre aux clients de gérer au même endroit leurs dépenses, leur salaire, leurs placements et, à terme, davantage de produits financiers locaux.
Twint et le pilier 3a pourraient suivre
Revolut ne compte pas s’arrêter aux fonctions bancaires classiques. L’entreprise indique étudier l’arrivée de produits spécifiquement conçus pour le marché helvétique, notamment Twint et le pilier 3a. Aucun calendrier n’a toutefois encore été communiqué pour ces deux services.
Cette localisation plus poussée pourrait permettre au groupe de concurrencer beaucoup plus directement les banques traditionnelles suisses et les néobanques déjà implantées dans le pays.
Le potentiel est important. Revolut affirme déjà compter plus de 1,3 million de clients en Suisse et plus de 80 millions dans le monde. Le marché helvétique est ainsi devenu suffisamment stratégique pour justifier la création d’une structure bancaire indépendante.
Plus de 150 millions de francs mis sur la table
Dans son annonce du 16 septembre, Revolut précise que les 150 millions de francs prévus sur cinq ans serviront notamment au développement de nouveaux produits et à la création d’emplois locaux. L’entreprise prévoit également de renforcer sa direction en Suisse afin de construire progressivement une banque autonome et ancrée localement.
Si la Finma donne son feu vert, les clients actuels pourraient migrer vers la nouvelle entité suisse au moyen d’une procédure que Revolut promet simple. Des IBAN locaux seraient disponibles dès le lancement, avant l’arrivée progressive d’autres services.
Mais l’opération n’est pas encore acquise. La procédure d’autorisation est en cours et Revolut souligne elle-même que son issue reste ouverte. Aucune date n’a pour l’instant été avancée pour une décision de la Finma.
Avec cette demande de licence et un investissement supérieur à 150 millions de francs, Revolut affiche néanmoins clairement son ambition : ne plus être simplement une fintech populaire en Suisse, mais s’installer durablement parmi les banques qui comptent dans le quotidien des ménages.








