Le monde du conseil n’échappe plus au ralentissement. PwC envisagerait de réduire fortement les bonus versés à certains employés en Suisse, avec des coupes pouvant atteindre 50%
Une décision qui illustre les nouvelles pressions auxquelles sont confrontés les grands cabinets d’audit et de conseil, entre baisse de la demande, recherche d’économies et montée en puissance de l’intelligence artificielle.
Le conseil face à une nouvelle réalité
D’après les informations relayées par le média américain Bloomberg, la mesure aurait été communiquée ces dernières semaines à plusieurs équipes en interne. PwC n’a toutefois pas confirmé cette information, indiquant ne pas commenter les sujets liés au personnel, comme l’indique Blick.
Les cabinets de conseil traversent actuellement une période plus difficile après plusieurs années de forte croissance. Certains clients réduisent leurs dépenses, reportent des projets ou cherchent à améliorer leur rentabilité.
Dans ce contexte, les bonus, qui représentent une part importante de la rémunération dans le secteur, deviennent un levier d’ajustement pour réduire les coûts.
Certains collaborateurs auraient également interrogé leur direction sur d’éventuelles suppressions de postes. À ce stade, aucune vague de licenciements ne serait toutefois prévue en Suisse selon les informations rapportées.
Le secteur mise désormais davantage sur l’automatisation, l’externalisation et les outils d’intelligence artificielle pour transformer ses méthodes de travail et limiter certaines dépenses.
Roche et Credit Suisse, deux dossiers qui ont pesé
PwC Suisse doit également composer avec plusieurs changements importants dans son environnement économique.
Le cabinet a notamment perdu Roche parmi ses clients majeurs. La disparition de Credit Suisse, absorbée par UBS en 2023, a également modifié le paysage bancaire suisse et réduit certaines opportunités pour les acteurs du conseil.
Ces évolutions poussent les dirigeants du groupe à revoir leurs priorités, notamment sur les clients à cibler et les activités à développer dans un secteur où l’intelligence artificielle commence à bouleverser les modèles traditionnels.
La Suisse reste un marché stratégique
Malgré ces difficultés, la Suisse demeure une place essentielle pour les grands cabinets internationaux. Zurich et Genève attirent depuis longtemps des entreprises multinationales, des institutions financières et de nombreux sièges de groupes internationaux.
Cette concentration d’acteurs économiques a permis aux cabinets comme PwC, EY, KPMG ou Deloitte de développer des activités particulièrement importantes dans le pays.
Mais même ce marché privilégié n’échappe plus aux transformations en cours. La pression sur les budgets, les nouvelles attentes des clients et la progression rapide de l’IA obligent les géants du conseil à repenser leur fonctionnement.
Pour les employés du secteur, le signal est clair. L’époque des rémunérations en forte progression dans le conseil pourrait laisser place à une période beaucoup plus axée sur la maîtrise des coûts.








