Le marché immobilier suisse, après avoir traversé une période d’incertitude prolongée, connaît un renouveau spectaculaire. Cette dernière année, les investisseurs semblent avoir retrouvé confiance dans un secteur qui avait été mis à mal par une politique monétaire stricte.
Ce retournement s’accompagne d’un regain d’intérêt pour les immeubles de rendement, ces biens acquis principalement pour être loués et non utilisés par leurs propriétaires. Ce phénomène marque un changement notable dans l’approche des investisseurs, qui voient désormais l’immobilier suisse comme une valeur refuge face à l’inflation et à l’incertitude géopolitique.
Une reprise marquée par la fin de l’incertitude et l’augmentation des prix
Après deux années de baisse et d’incertitude, le marché immobilier suisse connaît une reprise nette, particulièrement dans le secteur des immeubles de rendement. En effet, ces dernières années, la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) avait conduit à une hausse des taux d’intérêt, rendant les financements immobiliers plus coûteux et détournant les investisseurs vers des placements plus sûrs, comme les emprunts d’État. Cette situation avait provoqué une chute des prix des biens immobiliers à revenus, une première historique pour ce type d’actifs.
Cependant, cette incertitude semble désormais derrière nous. Les experts du cabinet Wüest Partner parlent d’un « rebond impressionnant » et d’un « retour remarquable » de l’immobilier suisse. Selon leurs analyses, les prix des immeubles de rendement résidentiels ont augmenté de 5,2 % au deuxième trimestre 2025 par rapport à l’année précédente, et ceux des immeubles commerciaux ont progressé de 4,1 %. Cette évolution est interprétée comme un signe clair de la reprise de la confiance des investisseurs dans le secteur immobilier, après des années de turbulences économiques.
Le facteur principal de cette reprise réside dans la politique monétaire de la BNS, qui a maintenu les taux directeurs à 0 %. Cette décision a permis de rendre les financements immobiliers plus attractifs et d’encourager de nouveau l’acquisition de biens immobiliers à revenus. Parallèlement, les rendements des obligations d’État, qui étaient auparavant un investissement concurrentiel, ont chuté à des niveaux historiquement bas, rendant l’immobilier beaucoup plus compétitif. La forte demande de logements, en particulier dans les grandes agglomérations comme Zurich, Genève et Lausanne, contribue également à soutenir les prix.
La psychologie des investisseurs et le rôle des facteurs géopolitiques
Outre les facteurs économiques, la psychologie des investisseurs joue un rôle central dans cette dynamique de reprise. L’immobilier, perçu traditionnellement comme un « refuge sûr », bénéficie d’une demande accrue en période d’incertitude, explique Watson. Le retour à la stabilité des taux d’intérêt a renforcé cet attrait, mais d’autres éléments ont également influencé cette tendance. La situation géopolitique mondiale, marquée par la guerre en Ukraine et les tensions politiques internationales, notamment avec un Donald Trump imprévisible à la Maison-Blanche, a conduit de nombreux investisseurs à privilégier les biens immobiliers comme valeur refuge.
Les fonds immobiliers, qui permettent aux investisseurs de diversifier leur portefeuille, connaissent également un succès croissant. En 2024, ces fonds ont attiré plus de 4 milliards de francs suisses de capitaux. En 2025, ce chiffre devrait dépasser les 7 milliards de francs, un niveau jamais atteint durant les précédentes phases de croissance économique. Cette afflux massif de capitaux est en partie le résultat de la quête d’investissements plus sûrs dans un environnement mondial incertain. Les rendements élevés des immeubles de rendement, soutenus par une pénurie de logements et une demande constante de surfaces résidentielles et commerciales, continuent d’attirer des investisseurs institutionnels et privés.
De plus, les investisseurs ont également pris en compte les évolutions démographiques et l’urbanisation croissante en Suisse, facteurs qui renforcent la pression sur l’offre de logements. La construction de nouveaux biens n’ayant pas suivi la demande, les loyers restent élevés, ce qui génère des rendements durables pour les propriétaires d’immeubles de rendement. L’immobilier suisse, avec ses fondamentaux solides et sa stabilité politique, continue donc de séduire non seulement les investisseurs locaux, mais également ceux d’outre-mer, notamment en Europe et en Asie.








