Les paiements échelonnés connaissent un véritable essor en Suisse, attirant près d’un consommateur sur quatre. Ces offres, souvent sous la forme du programme « Buy Now, Pay Later » (achetez maintenant, payez plus tard), permettent aux Suisses d’étaler leurs achats sur plusieurs mois.
Si cette méthode de paiement séduit de plus en plus de personnes, elle ne manque pas de faire naître des inquiétudes chez les conseillers financiers. Bien que cette solution offre de la flexibilité à court terme, elle comporte des risques notables, tels que des frais cachés et le surendettement, qui affectent particulièrement les jeunes adultes.
Un mode de paiement prisé, mais pas sans risques
Les paiements échelonnés sont de plus en plus populaires en Suisse, notamment pour l’achat de biens coûteux tels que des voitures, des meubles et des appareils électroniques. Selon une étude commandée par Galaxus et réalisée par l’institut de sondage YouGov, près de 25% des Suisses ont déjà opté pour cette option. Ce mode de paiement présente l’avantage de diviser la facture en mensualités plus petites, ce qui permet aux consommateurs de mieux gérer leur budget. Toutefois, bien que l’option semble pratique, de nombreux acheteurs sous-estiment souvent les frais cachés qui peuvent accompagner ces offres.
Certains prestataires, comme Klarna, mettent en avant des « méthodes de paiement flexibles adaptées à votre budget ». Cependant, des frais d’intérêts et des pénalités peuvent s’ajouter si le plan de paiement n’est pas respecté. Par exemple, avec l’entreprise Heylight, qui propose de diviser les paiements en 12 à 36 mois, un smartphone de 1000 francs peut voir son coût final augmenter de près de 150 francs en intérêts, un aspect que de nombreux consommateurs ne remarquent pas immédiatement.
Pour beaucoup, ces paiements échelonnés sont un moyen d’acheter des produits qu’ils ne pourraient pas se permettre autrement. Environ un tiers des utilisateurs admettent ne pas pouvoir se permettre ces produits sans cette solution. Mais la popularité croissante de ce mode de paiement cache une réalité moins reluisante : un cinquième des consommateurs éprouvent une pression psychologique importante en raison de ces paiements réguliers.
Des pièges potentiels et des conseils de prudence
Si le paiement échelonné semble attirer à court terme, les experts en matière d’endettement tirent la sonnette d’alarme. Pascal Pfister, directeur de l’association Dettes Conseils Suisse, avertit que les jeunes consommateurs sont particulièrement vulnérables aux pièges financiers de ces offres. Blick rapporte ses propos: « Les coûts supplémentaires sont souvent négligés, et si le plan de remboursement n’est pas respecté, des frais de rappel peuvent être appliqués », souligne-t-il. Le risque de surendettement est élevé, et les consommateurs peuvent rapidement se retrouver dans un cycle de dettes difficile à briser.
En effet, de nombreux prestataires de services de paiement comptent sur les retards de paiement pour réaliser des bénéfices. Comme l’explique Pfister, « avec les crédits sans intérêts, les prestataires gagnent de l’argent uniquement si les paiements ne sont pas effectués dans les délais ». Ces modèles peuvent ainsi devenir des « petits pièges à dettes », où les consommateurs, attirés par l’absence d’intérêts au départ, se retrouvent pris dans des frais supplémentaires liés aux retards.
Pour éviter ces dérives, les experts conseillent de privilégier des méthodes de paiement plus transparentes, comme le paiement par carte de débit, qui permet de mieux contrôler les finances. De plus, en cas de doute, l’aide d’un conseiller budgétaire est fortement recommandée pour éviter une accumulation de dettes non gérées.
En réponse à ces préoccupations, certains commerçants en ligne, comme Galaxus et Brack, ont introduit des fonctionnalités permettant aux utilisateurs de mieux gérer leurs dépenses. Par exemple, Galaxus a récemment lancé une option permettant de suivre en temps réel le montant total dépensé et de fixer une limite de dépenses personnelle. Ces initiatives visent à offrir une plus grande transparence et à aider les consommateurs à éviter les excès, bien qu’elles ne suppriment pas les risques inhérents aux paiements échelonnés.








