En 2026, l’association actif-trafiC compte lancer une initiative populaire en Suisse visant à instaurer une taxe sur les billets d’avion. Cette initiative a pour but de freiner la croissance du trafic aérien, responsable de l’augmentation des émissions de CO2, et de promouvoir des alternatives plus écologiques, telles que le transport ferroviaire.
Elle repose sur le principe du pollueur-payeur et s’inscrit dans une volonté de rééquilibrer la fiscalité entre l’aviation et le rail. L’objectif est de réduire la dépendance à l’aviation, qui bénéficie actuellement de nombreux avantages fiscaux, tout en favorisant un mode de transport plus durable à long terme.
Une taxe pour rééquilibrer la fiscalité entre l’aviation et le rail
L’initiative lancée par actif-trafiC vise à instaurer une taxe sur les billets d’avion, une mesure jugée nécessaire pour ralentir la croissance du trafic aérien en Suisse. Selon l’association, cette croissance sans précédent du secteur aérien — comme en témoigne un record de passagers enregistré à l’aéroport de Zurich le 5 octobre dernier — constitue un obstacle à la réalisation des objectifs climatiques de la Suisse. Le déséquilibre fiscal actuel entre l’aviation et le train est au cœur de cette initiative. En effet, l’aviation bénéficie d’avantages fiscaux significatifs, notamment l’exonération du kérosène et de la TVA, ce qui rend le transport aérien plus attractif par rapport au transport ferroviaire. Pour inverser cette tendance, actif-trafiC propose une taxe progressive sur les billets d’avion, avec des montants plus élevés pour les vols long-courriers, les voyageurs fréquents et les jets privés. Cette taxe reposerait sur le principe du pollueur-payeur, en demandant à ceux qui génèrent le plus de pollution de contribuer davantage à la transition écologique.
Les recettes générées par cette taxe seraient en grande partie redistribuées à la population. Une partie de ces fonds serait utilisée pour financer des offres ferroviaires internationales plus attractives et compétitives, afin de rendre le train une alternative plus viable pour les voyageurs. En effet, l’association estime que les prix élevés du rail et le manque d’infrastructures modernes en Suisse et à l’international freinent un transfert massif du transport aérien vers le ferroviaire. Actif-trafiC considère que la mise en place de cette taxe permettrait de renforcer la mobilité respectueuse du climat, en rendant les voyages en train plus accessibles et plus attractifs pour tous les types de voyageurs.
Christophe Clivaz, conseiller national (Verts/VS), souligne que cette initiative pourrait jouer un rôle clé dans la réduction de la dépendance à l’aviation et dans le respect des engagements climatiques de la Suisse, rapporte Blick. Il voit dans cette mesure une manière de soutenir une mobilité plus durable et de rendre le train plus compétitif face à l’avion.
Les défis économiques et sociaux d’une taxe sur les billets d’avion
L’introduction d’une taxe sur les billets d’avion en Suisse pose plusieurs défis économiques et sociaux, notamment en ce qui concerne l’impact sur les voyageurs fréquents et les secteurs qui dépendent du transport aérien. Bien que l’initiative cherche à encourager la transition vers des modes de transport plus écologiques, elle pourrait également avoir des répercussions sur la compétitivité de l’industrie aérienne suisse. L’aviation est un secteur clé pour l’économie, en particulier pour le tourisme et les entreprises qui ont des besoins de mobilité internationale. Certains acteurs du secteur craignent que cette taxe n’ait des conséquences négatives, notamment pour les voyageurs d’affaires et les régions moins bien desservies par le réseau ferroviaire.
La mise en œuvre de la taxe pourrait aussi entraîner des coûts supplémentaires pour les consommateurs. En particulier, les voyageurs fréquents, qui utilisent l’avion pour des déplacements professionnels ou personnels, seraient les plus touchés par cette mesure. Toutefois, actif-trafiC prévoit des compensations pour les usagers du rail, comme des réductions sur les trajets ferroviaires ou des investissements dans les infrastructures de transport. Ces mesures visent à éviter que les voyageurs se sentent pénalisés par la nouvelle fiscalité tout en rendant le train une alternative plus attrayante.
Par ailleurs, la question de l’efficacité de l’utilisation des fonds générés par la taxe reste une préoccupation. L’un des objectifs principaux de l’initiative est d’investir dans des infrastructures ferroviaires internationales, notamment pour faciliter la connexion avec les pays voisins. Or, cela nécessite des investissements considérables pour moderniser les lignes, améliorer la vitesse et la fréquence des trains, et rendre les gares plus accessibles. Si ces investissements ne sont pas réalisés de manière ciblée, la taxe pourrait ne pas atteindre ses objectifs de manière optimale.
Enfin, la mise en place de cette taxe soulève des interrogations concernant son impact social. En effet, l’aviation est parfois la seule option pour certaines personnes, notamment celles vivant dans des régions rurales ou isolées, où l’offre ferroviaire est insuffisante. Pour ces voyageurs, la taxe pourrait rendre les voyages plus coûteux, sans alternative crédible en matière de transport.








