Juste après Noël, les clients ne pourront plus trouver ces produits dans les rayons de Coop  

Coop met fin à la vente de chaussures en magasin en Suisse, une décision stratégique liée à l’évolution des comportements d’achat des consommateurs.

Publié le
Lecture : 3 min
Coop
Juste après Noël, les clients ne pourront plus trouver ces produits dans les rayons de Coop : Crédit : Tripadvisor | Econostrum.info - Suisse

En janvier prochain, Coop mettra définitivement fin à la vente de chaussures dans ses magasins physiques en Suisse, après une suppression progressive des rayons. Ce retrait concerne les dernières filiales de l’enseigne, qui proposaient encore ce type de produit. En réaction aux habitudes de consommation en constante évolution, Coop a choisi de réaffecter les surfaces libérées pour renforcer les assortiments les plus performants dans ses grands magasins. 

L’adaptation aux tendances de consommation, notamment la forte croissance des achats en ligne, a conduit le détaillant à réévaluer la rentabilité de cette catégorie de produits. Cette décision marque un tournant dans le secteur du commerce de détail suisse, où de nombreux acteurs, y compris Coop, sont confrontés à des défis liés à l’évolution des canaux de distribution.

La transformation des comportements d’achat des consommateurs

Les comportements des consommateurs suisses ont connu un changement radical ces dernières années, avec une préférence marquée pour les achats en ligne. Ce phénomène a particulièrement touché les secteurs de l’habillement et de la chaussure, où une grande partie des achats se fait désormais sur Internet. Selon les données de GfK, près de 30% des achats de vêtements et de chaussures sont réalisés en ligne, une proportion qui devrait encore augmenter dans les années à venir. En particulier, les chaussures connaissent une dynamique particulière dans le commerce électronique, avec des plateformes comme Zalando, qui ont progressivement élargi leur offre de produits après avoir démarré en tant que détaillant spécialisé dans la chaussure.

Ce phénomène de migration vers le commerce en ligne est renforcé par des facteurs tels que la facilité d’achat, la diversité des offres et les outils de recherche de taille. À l’inverse, la fréquentation des magasins physiques, surtout pour les produits comme les chaussures, tend à diminuer. Coop, n’ayant pas su s’adapter pleinement à cette tendance, a pris la décision de fermer son rayon chaussures dans ses magasins physiques, une décision qui intervient après que les modèles pour hommes aient déjà disparu des rayons Coop City. Cette fermeture est la conséquence directe d’un changement de mentalité des consommateurs, qui privilégient de plus en plus les plateformes en ligne pour leurs achats, y compris dans le domaine des chaussures.

Le commerce en ligne offre des avantages que les magasins physiques peinent à égaler, notamment en termes de choix, de confort d’achat et de livraison rapide. Les consommateurs peuvent comparer les prix, consulter les avis clients et accéder à des marques spécifiques qui ne sont pas toujours disponibles en magasin. Coop, en ne développant pas une véritable offre de chaussures en ligne, a vu sa part de marché s’amenuiser face aux géants du secteur. En conséquence, l’enseigne a opté pour une réaffectation des espaces de vente de chaussures vers d’autres produits à forte demande, comme les articles d’équipement pour la maison, un secteur dans lequel ses performances sont solides.

Le secteur de la chaussure en Suisse : une pression continue

La fermeture des rayons chaussures chez Coop ne constitue pas un phénomène isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large qui touche le marché suisse de la chaussure. Depuis plusieurs années, ce secteur fait face à une pression croissante, exacerbée par la montée du commerce en ligne et l’érosion de l’attractivité des grandes surfaces. Des enseignes emblématiques comme Vögele Schuhe, Navyboot et Pasito-Fricker ont fermé de nombreux magasins, et même le groupe Dosenbach-Ochsner, leader du marché, a dû revoir son modèle, réduisant son réseau de filiales.

En 2015, Dosenbach-Ochsner comptait 281 magasins, mais ce chiffre est passé à 257 en 2022, et le groupe ne possède aujourd’hui qu’une trentaine de points de vente de moins. Si le groupe reste le leader incontesté du marché suisse de la chaussure, il doit faire face à une concurrence féroce des acteurs en ligne. Cependant, certaines niches, comme le sportswear, continuent de performer. Ochsner a récemment acquis 27 magasins SportX, ce qui montre qu’il existe encore des segments rentables dans l’univers de la chaussure, même si le modèle physique traditionnel se trouve sous pression.

Malgré cette situation difficile, les perspectives pour le marché global de la chaussure en Suisse restent relativement optimistes. Selon une étude de Statista, le chiffre d’affaires du secteur devrait augmenter de 3,4% cette année, et de 3,7% l’année suivante, relate Watson. Cependant, cette croissance reste modeste comparée à d’autres secteurs. De plus, la demande se tourne de plus en plus vers des produits de qualité et durables, une tendance clairement mise en évidence par la demande croissante pour des matériaux respectueux de l’environnement. Ainsi, bien que le marché de la chaussure en Suisse continue de croître, il doit faire face à de nombreux défis, tant sur le plan de la distribution que sur celui de l’évolution des préférences des consommateurs.

Laisser un commentaire

Share to...