Les analystes en ont assez des plaintes  : malgré une frénésie de lobbying, UBS ne convainc pas 

Le gouvernement suisse impose à UBS un renforcement massif du capital pour ses filiales étrangères. La banque multiplie les protestations.

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Les analystes en ont assez des plaintes : malgré une frénésie de lobbying, UBS ne convainc pas : Crédit : Keystone / Christian Beutler | Econostrum.info - Suisse

Le Conseil fédéral suisse a confirmé sa volonté de renforcer la sécurité financière du pays en exigeant qu’UBS couvre entièrement ses filiales étrangères avec des fonds propres. Cette décision intervient après plusieurs mois de critiques répétées de la part de la banque, qui juge ces exigences trop lourdes et potentiellement dommageables pour l’économie helvétique. 

Avec un coût estimé à près de 20 milliards de francs, la mesure représente un enjeu majeur pour le plus grand établissement bancaire du pays. Les analystes financiers et experts en régulation s’impatientent face aux plaintes incessantes d’UBS, jugeant cette bataille pour le capital à la fois stérile et disproportionnée.

Des exigences claires et une opposition affichée

Le gouvernement, dirigé par la ministre des Finances Karin Keller-Sutter, n’entend pas relâcher la pression sur UBS. La banque doit désormais blinder ses filiales étrangères, afin de protéger les contribuables suisses et garantir la stabilité du système financier.

Pour les autorités, ces mesures sont incontournables pour éviter tout scénario catastrophique similaire à la crise qui avait menacé Credit Suisse. Selon les experts, la démarche s’inscrit dans la continuité de la régulation post-crise et vise à réduire les risques de contagion au système bancaire international.

La réaction d’UBS a été immédiate. La direction, sous Sergio Ermotti et Colm Kelleher, qualifie ces exigences d’« extrêmes » et déplore le manque de coordination internationale. Le groupe estime que ces obligations pourraient freiner ses investissements et impacter l’économie suisse dans son ensemble.

Depuis plusieurs mois, la banque n’hésite pas à se plaindre publiquement du traitement qu’elle juge injuste pour celui qui a joué un rôle central dans le sauvetage de Credit Suisse et dans la préservation de la stabilité financière.

Analystes et experts exhortent la banque à calmer ses jérémiades

Les réactions des observateurs et analystes sont très critiques. Quentin de Villeneuve, analyste chez Alphavalue, estime que la direction d’UBS devrait « cesser de se plaindre », rappelant que le Parlement pourrait encore ajuster les exigences de fonds propres, indique Blick.

L’économiste Fabio Canetg va dans le même sens, affirmant qu’« il est temps pour UBS d’arrêter ces jérémiades ». Il suggère ironiquement que la banque pourrait réduire ses coûts en limitant ses dépenses de lobbying, ce qui libérerait rapidement une partie des fonds supplémentaires nécessaires. Il précise cependant que cette remarque est légèrement provocatrice.

Selon Canetg, les efforts de lobbying menés par UBS sont largement disproportionnés par rapport à l’impact réel de la nouvelle réglementation. Avec un bénéfice annuel projeté supérieur à 10 milliards de francs dès 2028, la levée de 20 milliards de fonds propres ne devrait pas poser de problème. Cette vision est partagée par Urs Birchler, ancien professeur et ex-directeur de la stabilité financière à la Banque nationale suisse (BNS). Il souligne que les fonds propres renforcent la sécurité de la banque et permettent d’emprunter à moindre coût, ce qui se traduit par des économies sur le financement des activités.

Birchler et de Villeneuve s’interrogent également sur les motivations de la direction. La perception selon laquelle les fonds propres seraient coûteux pourrait refléter un intérêt personnel : les bonus des dirigeants augmentent lorsque la banque dispose de moins de capital. UBS a fermement rejeté ces accusations, affirmant que les considérations liées aux rémunérations n’ont aucune incidence sur ses positions et que l’objectif reste de protéger l’économie suisse.

Malgré ces tensions, les marchés semblent confiants. Après une période d’incertitude liée aux débats sur le capital, le cours de l’action UBS a repris de la vigueur, soutenu par de solides résultats au premier trimestre. Pour les analystes, la constitution d’un matelas de capital solide constitue un avantage stratégique et un gage de stabilité pour l’avenir de la banque et de la place financière suisse.

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