Jusqu’à 450 postes menacés chez Sunrise, des réductions d’effectifs chez UBS, 110 emplois administratifs visés à La Poste… Pour les salariés, les annonces des dernières semaines ont de quoi inquiéter. Elles ne racontent pourtant qu’une partie de ce qui se passe dans les entreprises suisses.
En parallèle de ces restructurations, des employeurs recrutent et certains métiers voient leurs offres progresser. Les experts interrogés par Blick envisagent ainsi une prochaine baisse du chômage, après plusieurs années de hausse.
Des premiers signes de stabilisation
En septembre 2026, la Suisse comptait 140’480 chômeurs inscrits, soit 1’064 de moins qu’en août, selon le Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Le taux de chômage est resté à 3,0 %, ou 3,1 % après correction des variations saisonnières.
Le nombre de postes vacants annoncés aux offices régionaux de placement a, lui, progressé : 44’199 places étaient signalées en septembre, soit 466 de plus qu’un mois auparavant. Les inscriptions au chômage restent toutefois supérieures de 5,4 % à celles de septembre 2025.
Pour Jan-Egbert Sturm, directeur du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPF de Zurich, il faut aussi regarder les emplois qui se créent. « Se focaliser uniquement sur les licenciements est toutefois trop réducteur », explique-t-il à Blick. Il souligne notamment la bonne tenue des exportations et de la consommation privée.
Le travail temporaire reprend des couleurs
Autre signe encourageant : le travail temporaire retrouve une dynamique favorable après trois années difficiles. Pour les spécialistes du recrutement, son évolution donne une indication précieuse sur les intentions des entreprises.
Lorsque l’activité repart, les employeurs commencent souvent par engager du personnel temporaire. Si les commandes et les perspectives se maintiennent, ces besoins peuvent ensuite déboucher sur des postes fixes.
Raphael Schmid, directeur du groupe de placement Interiman, constate cette amélioration sur le terrain. « Les entreprises recrutent aujourd’hui davantage que ces dernières années », affirme-t-il. Elles restent néanmoins sélectives et prudentes dans leurs choix.
La diminution des demandes de chômage partiel va dans le même sens. Ce recul peut précéder de plusieurs mois une amélioration des chiffres du chômage, rappelle l’article de Blick.
Des métiers qui recrutent, d’autres sous pression
La reprise ne se dessine pas partout au même rythme. Les offres continuent de progresser dans l’artisanat et les métiers techniques, tandis que les besoins diminuent dans les centres d’appels, la traduction ou les fonctions administratives de back-office.
L’intelligence artificielle et l’automatisation participent à ces transformations. Sunrise prévoit notamment de s’appuyer davantage sur ces technologies dans le cadre de sa réorganisation.
Dans les banques, les suppressions de doublons liées à l’intégration de Credit Suisse chez UBS pèsent aussi sur l’emploi. Le taux de chômage de la branche est passé de 3,1 % à 3,7 % en douze mois. Les perspectives dépendent donc encore beaucoup du métier exercé et du secteur dans lequel on cherche.
Une légère baisse attendue en 2027
Les prévisions fédérales donnent toutefois une direction plus favorable pour l’ensemble du pays. Le groupe d’experts de la Confédération table sur un taux de chômage de 3,1 % en moyenne en 2026, puis de 3,0 % en 2027.
Ces projections accompagnent une croissance économique attendue à 1,7 % cette année, contre 0,9 % prévu en juin. Le commerce extérieur et la consommation soutiennent l’activité. Pour 2027, les experts anticipent une croissance de 1,6 %, avec une reprise de la demande mondiale susceptible de profiter aux entreprises suisses.








