Maladie de longue durée : l’État de Genève envisage de ramener le salaire à 90 % dès la deuxième année

Le maintien du salaire à 100 % pourrait être revu pour les longues absences du personnel cantonal genevois. Une réforme en discussion prévoit de passer à 90 % dès la deuxième année d’incapacité, avec une exception pour les maladies et accidents d’origine professionnelle. La perspective suscite déjà des tensions avec les syndicats.

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Maladie de longue durée : l’État de Genève envisage de ramener le salaire à 90 % dès la deuxième année : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

À Genève, la question des absences maladie revient sur la table avec une mesure qui toucherait directement la rémunération. L’État envisage de modifier le statut de son personnel pour réduire le salaire versé lorsque l’incapacité de travail se prolonge.

Ce projet intervient alors que le Canton tente, depuis 2022, de faire reculer l’absentéisme dans son administration. Le plan engagé a freiné la hausse observée depuis près de dix ans. Mais la baisse obtenue reste inférieure à l’objectif fixé pour 2027.

Un salaire ramené à 90 % après un an d’incapacité

La disposition envisagée vise les absences de longue durée. À partir de la deuxième année d’incapacité, le personnel concerné ne percevrait plus l’intégralité de son salaire, mais 90 % de celui-ci.

Le projet prévoit toutefois une exception : les maladies et les accidents d’origine professionnelle seraient exclus de cette réduction. La mesure ne s’appliquerait donc pas de la même façon à toutes les incapacités prolongées.

Cette évolution fait partie d’une réforme du statut du personnel encore en discussion, rapporte la Tribune de Genève. La perspective suscite déjà des réticences syndicales, alors que les modalités de rémunération des longues absences sont au cœur des discussions.

Jusqu’à 100 millions de francs par an pour les absences maladie

Derrière ces discussions, le Canton fait face à une facture importante. Les absences maladie dans l’administration représentent un coût pouvant atteindre 100 millions de francs par année.

En lançant son plan en 2022, l’État indiquait qu’environ 1’000 collaborateurs étaient absents chaque jour. Son ambition : réduire de 20 % le taux d’absence d’ici 2027, après des années de progression presque continue.

Les premiers résultats ont montré une amélioration. Le taux, qui s’élevait à 5,7 %, est descendu à 5,2 % à la fin de 2024. Il est toutefois remonté légèrement depuis, pour atteindre 5,3 % en septembre 2026.

L’objectif initial reste donc éloigné. Le Département des finances défend néanmoins l’utilité des mesures : selon son estimation, sans intervention, le taux aurait pu atteindre 6,1 % en 2025.

Un plan de plus de 5 millions et des contrôles renforcés

Le dispositif engagé représente un investissement de plus de 5 millions de francs et a entraîné la création de quatorze postes. Ces moyens servent notamment à renforcer la médecine du travail, le suivi des risques psychosociaux et l’accompagnement des services en difficulté.

L’État met en avant les économies réalisées en parallèle. Il les estime à 33,7 millions de francs sur trois ans et demi, malgré une baisse du taux d’absence encore insuffisante au regard de ses ambitions.

Le contrôle des absences injustifiées constitue un autre volet du dispositif. Le Canton dit constater davantage de remises en cause de certificats médicaux. Un nouveau certificat de capacité de travail est également en préparation.

Entre accompagnement des collaborateurs, vérifications et réforme du statut du personnel, plusieurs chantiers restent ainsi ouverts. Celui du salaire versé après un an d’incapacité concentre désormais une partie des tensions avec les syndicats.

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