En Suisse, 261’000 personnes étaient en situation de sous-emploi en 2025, soit 5,1 % de la population active. Elles occupaient un emploi à temps partiel, souhaitaient augmenter leur taux d’activité et étaient disponibles pour le faire.
Ce décalage entre le travail effectué et celui que l’on voudrait accomplir concerne des profils très différents. L’étude de l’Office fédéral de la statistique montre toutefois que les femmes, les mères et les personnes employées dans certaines branches sont davantage exposées.
Un taux d’occupation moyen de 45 %
Les personnes en sous-emploi travaillaient en moyenne à 45 %. Pour une partie d’entre elles, l’augmentation souhaitée représente un volume important : un quart d’entre elles souhaitait travailler entre 11 et 20 heures de plus par semaine. Une proportion presque identique souhaitait dépasser les 20 heures supplémentaires.
Additionnées, les heures de travail souhaitées représenteraient 92’000 équivalents plein temps, a calculé l’OFS. Les plus jeunes se distinguent aussi dans leurs attentes : parmi les personnes en sous-emploi, ils sont davantage attirés par le plein temps.
Les femmes et les mères davantage concernées
Les femmes représentent 185’000 des personnes en sous-emploi, contre 76’000 hommes, souligne l’étude. Le taux atteint 7,6 % chez les femmes actives, contre 2,8 % chez les hommes.
L’OFS relie notamment cet écart au recours beaucoup plus fréquent au temps partiel chez les femmes. En 2025, 58,6 % des femmes en emploi travaillaient selon ce rythme, contre 20,9 % des hommes.
La présence d’enfants fait apparaître des différences supplémentaires. Le taux de sous-emploi des mères atteint 8,5 % lorsque le plus jeune enfant a moins de sept ans. Il monte à 10,7 % quand celui-ci a entre sept et quatorze ans.
Chez les hommes, la tendance s’inverse. Les pères présentent un taux proche de 2 %, inférieur aux 3 % observés chez les hommes sans enfant de moins de quinze ans.
La nationalité distingue également les situations. Le taux de sous-emploi s’élève à 6,4 % parmi les personnes étrangères, contre 4,5 % parmi les Suisses. Les femmes étrangères sont particulièrement concernées, avec un taux de 10,2 %, contre 6,7 % pour les Suissesses.
Le personnel employé par des particuliers en première ligne
Le métier exercé compte aussi. La branche des ménages privés en tant qu’employeurs affiche la proportion la plus élevée de personnes en sous-emploi : 13,3 %. Elle comprend notamment le personnel de ménage, les nounous et les aides à domicile employés par des particuliers.
Le sous-emploi dépasse également 10 % dans les arts, spectacles et activités récréatives (12,3 %) et dans les autres activités de services (10,6 %). Ces secteurs ont un point commun relevé par l’OFS : le temps partiel y occupe une place supérieure à la moyenne.
Plus d’un tiers cherchent un autre emploi ou un poste en plus
Pour augmenter leur activité, une partie des personnes concernées recherchent un nouvel emploi ou un poste supplémentaire. Elles étaient 35 % à entreprendre cette démarche en 2025, contre 9 % parmi les personnes qui n’étaient pas en sous-emploi.
Parmi celles qui cherchaient un poste, 38,9 % citaient un salaire jugé trop bas comme motivation. Le souhait d’effectuer davantage d’heures dans leur emploi actuel arrivait ensuite, à 30 %, suivi de la volonté d’ajouter des heures à côté de leur activité, à 28,6 %.








