« Une véritable bombe, mais aussi un soulagement » : le grand chantier de Migros devrait alléger votre ticket de caisse

Le géant orange veut revoir son organisation de fond en comble. Une transformation qui pourrait aussi se ressentir au passage en caisse, d’après un spécialiste du commerce de détail.

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Migros
« Une véritable bombe, mais aussi un soulagement » : le grand chantier de Migros devrait alléger votre ticket de caisse : Crédit : EYSTONE/GAETAN BALLY | Econostrum.info - Suisse

Migros ouvre un vaste chantier. Le distributeur a annoncé lundi son projet de réunir ses dix coopératives régionales et la Fédération des coopératives Migros dans une nouvelle coopérative de groupe. Une réorganisation qui doit encore être soumise aux membres, mais dont les ambitions dépassent le seul organigramme.

Pour les clients, l’enjeu se trouve aussi dans les rayons. En simplifiant son fonctionnement, le groupe veut gagner en efficacité et renforcer sa compétitivité. Marcel Stoffel, fondateur et directeur du Swiss Council of Shopping Places, y voit une occasion de faire avancer la politique de prix bas de l’enseigne.

Des baisses de prix plus rapides à mettre en place

Interrogé par 20 minutes, le spécialiste accueille cette annonce avec enthousiasme. À ses yeux, ce changement de structure était attendu depuis longtemps. Il juge même que Migros aurait dû s’y atteler plus tôt, tant la pression concurrentielle rendait cette évolution nécessaire.

Son raisonnement est concret : une organisation plus efficace doit permettre d’accélérer la stratégie de prix bas déjà engagée. Les clients devraient ainsi bénéficier de tarifs plus avantageux à l’avenir, estime-t-il. Pour lui, la fusion doit surtout donner à Migros les moyens de rester compétitive sur la durée.

Cette ambition rejoint celle exprimée par Ursula Nold, présidente de l’administration de la Fédération des coopératives Migros. Dans un entretien publié par le groupe, elle explique qu’une organisation commune permettrait de mieux utiliser les forces de l’ensemble et de proposer des offres plus avantageuses.

Moins regarder Coop, mieux répondre aux clients

Marcel Stoffel pointe aussi une habitude qu’il aimerait voir évoluer. Selon lui, Migros s’est trop longtemps concentrée sur les mouvements de Coop et sur la manière d’y répondre. Il défend une approche davantage guidée par les besoins des clients.

La stratégie présentée l’an dernier allait déjà dans ce sens, relève-t-il. La restructuration doit faciliter ce recentrage, avec l’espoir de renforcer durablement la position de Migros et d’accroître sa part de marché.

Le distributeur prévoit également d’ouvrir de nouveaux magasins et de moderniser les points de vente existants. L’ancrage local doit rester présent : Ursula Nold assure que les produits régionaux et les partenariats de proximité conserveront leur place dans la future organisation.

Deux dirigeants sur le départ, des emplois en question

Le chantier s’accompagne d’un changement à la tête du groupe. Mario Irminger, président de la direction générale de la Fédération des coopératives Migros, et Peter Diethelm, directeur général de Migros Supermarché SA, quitteront leurs fonctions à la mi-2027. Leurs successeurs pourront ainsi accompagner la transformation sur toute sa durée.

L’emploi constitue l’autre sujet sensible. La SonntagsZeitung évoque environ 3’000 postes susceptibles d’être supprimés. Marcel Stoffel s’attend à des conséquences surtout dans les fonctions centrales de direction et d’administration. Il estime que Migros devra rechercher des solutions équitables pour les personnes concernées.

Pour la relève des deux dirigeants, il privilégierait des candidatures internes, notamment parmi les responsables des coopératives régionales, qui connaissent déjà l’entreprise et le terrain.

Le dernier mot reviendra aux coopérateurs

La fusion reste suspendue à une étape décisive : le vote prévu à la mi-2027. Les 2,3 millions de coopératrices et coopérateurs seront appelés à se prononcer sur cette nouvelle structure. La date précise du scrutin doit encore être fixée.

Marcel Stoffel se montre confiant dans son adoption. Il considère que les responsables du projet disposent des arguments nécessaires pour convaincre les membres de l’intérêt de cette transformation.

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