À 2,45 francs le litre, le compteur grimpe vite. C’est le prix moyen du diesel indiqué par le Touring Club Suisse dans son relevé du 16 octobre, contre 1,78 franc au début de l’année. Dans certaines stations, le litre dépasse même 2,50 francs.
Pour un plein de 50 litres au tarif moyen, la facture atteint désormais 122,50 francs, contre 89 francs en janvier. Soit 33,50 francs supplémentaires pour la même quantité de carburant. Et pendant que les conducteurs surveillent les prix affichés, les autorités cherchent à éviter que les difficultés de livraison ne perturbent l’approvisionnement.
Jusqu’à 45 millions de litres mobilisables
La Confédération a autorisé de nouveaux prélèvements dans les réserves obligatoires de diesel. Entre le 23 octobre et le 22 novembre 2026, jusqu’à 45’000 mètres cubes pourront en être retirés, soit 45 millions de litres.
Ce volume représente un peu moins de 4 % des stocks obligatoires de diesel actuellement disponibles, précise l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE). L’autorisation doit permettre de compenser un déficit temporaire : grâce à cette intervention, l’approvisionnement du pays reste assuré.
La Suisse avait déjà eu recours à ses réserves d’essence et de diesel en septembre. Quelques semaines plus tard, de nouveaux retards obligent donc les autorités à mobiliser une nouvelle fois ce dispositif.
Un Rhin trop bas, des pluies trop fortes en France
Derrière cette décision, plusieurs difficultés se cumulent. La guerre en Iran maintient les marchés pétroliers sous tension. À cela s’ajoutent des problèmes de transport qui compliquent l’arrivée des produits en Suisse.
Depuis plusieurs mois, le faible niveau du Rhin perturbe la navigation et l’acheminement des hydrocarbures. Lorsque l’eau manque, les bateaux doivent limiter leur chargement. Transporter les mêmes volumes devient alors plus compliqué et plus coûteux.
Cette fois, un autre axe a été touché. Les fortes pluies dans le sud de la France ont provoqué des retards de pompage du pétrole brut et des produits finis. Les livraisons par pipeline ont pris du retard, créant un manque de diesel à court terme.
Avec un transport fluvial déjà fragilisé, ces perturbations supplémentaires réduisent encore les possibilités d’acheminer les quantités attendues. Les prélèvements autorisés doivent permettre de passer ce cap.
L’essence et le mazout restent disponibles
Le recours aux stocks obligatoires concerne également le kérosène. Son approvisionnement est garanti grâce à des prélèvements déjà autorisés, jusqu’au 1er novembre.
Pour l’essence et le mazout, les quantités disponibles sont pour l’instant suffisantes. L’OFAE décrit toutefois une situation encore tendue et précaire pour l’ensemble des produits pétroliers. Les autorités et les acteurs de la branche continuent donc de surveiller les livraisons de près.
Des tensions qui pourraient durer jusqu’en 2027
Sur le marché international, les perspectives restent difficiles. L’Agence internationale de l’énergie a récemment signalé une forte pression sur le diesel et le mazout. D’après l’alerte relayée par Blick, l’approvisionnement pourrait rester limité jusqu’en 2027.
En Suisse, ces tensions se doublent du renchérissement du transport. À la station, l’addition dépend ainsi du cours du pétrole et des coûts d’acheminement. Le bas niveau du Rhin alourdit le fret, ce qui se répercute aussi sur le prix payé par les automobilistes.








