Diesel : cette alternative moins chère peut user les injecteurs et faire grimper les frais de réparation

Remplacer le diesel par de l’huile végétale, parfois récupérée après une friture, est présenté comme un moyen d’alléger le plein. Mais un garagiste vaudois alerte sur l’usure mécanique et l’encrassement qui peuvent finir par coûter bien plus cher.

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Diesel : cette alternative moins chère peut user les injecteurs et faire grimper les frais de réparation : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Quand le plein pèse sur le budget, la promesse a de quoi tenter : payer moins cher et continuer à rouler. Sur les réseaux sociaux, certains automobilistes racontent avoir trouvé leur solution dans l’huile végétale. D’autres récupèrent même celle qui a déjà servi à cuisiner.

Une voiture qui avance et des économies affichées, la démonstration semble convaincante. Reste une question que ces témoignages ne permettent pas de trancher : dans quel état sera le moteur après un usage prolongé ?

Une économie séduisante au moment de faire le plein

La pratique décrite en France a quelque chose d’artisanal. De l’huile de friture est récupérée, puis filtrée avant d’être utilisée dans un véhicule diesel. L’huile de colza est également évoquée comme une alternative au carburant habituel.

L’argument est d’abord financier. L’huile végétale est présentée comme moins chère que le gazole, et ses utilisateurs mettent en avant la différence sur leur budget. Certains assurent avoir parcouru des milliers de kilomètres de cette façon.

Mais ces récits portent surtout sur le fonctionnement apparent du véhicule. Le fait de pouvoir rouler ne suffit pas à établir que le carburant utilisé convient durablement à la mécanique. Les problèmes peuvent se développer progressivement, bien après les premiers trajets.

Des injecteurs plus sollicités et une combustion dégradée

Interrogé dans La Matinale de la RTS, Rafaël Marques, garagiste à Oron-la-Ville, dans le canton de Vaud, résume son inquiétude : « À long terme, la mécanique va en prendre un coup. »

Il évoque une usure accélérée des injecteurs, mais aussi des éléments mobiles du moteur en contact avec cette huile, notamment au niveau de la segmentation. À cela s’ajoute une mauvaise combustion, susceptible de produire davantage de suie dans les circuits d’admission et d’échappement.

Le spécialiste emploie une comparaison volontairement imagée : une personne qui mangerait des hamburgers tous les jours finirait, dit-il, avec « du gras un peu dans tous les tuyaux ». Une manière de rendre concret le risque d’encrassement.

Cette mise en garde rejoint les explications techniques du département américain de l’Énergie. Sa documentation souligne que l’huile végétale non transformée est beaucoup plus visqueuse que le diesel. Cette propriété peut entraîner une usure prématurée des pompes et des injecteurs, modifier la pulvérisation du carburant et favoriser les dépôts dans le moteur.

Une huile filtrée reste différente d’un carburant transformé

Une distinction compte ici : l’huile de cuisine, même filtrée, n’est pas du biodiesel. Celui-ci peut être fabriqué à partir d’huiles végétales ou d’huiles de cuisson usagées, mais il passe par une transformation chimique qui modifie ses propriétés.

L’Alternative Fuels Data Center, service du département américain de l’Énergie, précise que les huiles qui n’ont pas subi cette transformation ne doivent pas être assimilées au biodiesel. La filtration pratiquée par les automobilistes ne remplace donc pas ce traitement.

L’enjeu dépasse le prix du litre. Si l’usage provoque une usure prématurée ou un encrassement, il faut ajouter les frais d’entretien et de réparation aux sommes dépensées pour rouler. Rafaël Marques prévient ainsi que le passage au garage peut revenir plus cher que les montants économisés sur le carburant.

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