En 2024, le régime suisse affichait encore un excédent de 1,43 milliard de francs. Un an plus tard, ce solde positif a disparu. Les chiffres publiés ce mardi 6 octobre font apparaître un double mouvement. Les dépenses ont augmenté, tandis que les recettes ont reculé. Le bilan s’en ressent, même si l’assurance-chômage conserve des fonds propres importants.
Plus de 21 000 chômeurs supplémentaires en moyenne
Le marché du travail s’est dégradé entre les deux exercices. En 2025, la Suisse comptait en moyenne 133 712 chômeurs inscrits, contre 112 563 en 2024. Cela représente 21 149 personnes supplémentaires, soit une progression d’environ 18,8 %.
Le taux de chômage annuel moyen est ainsi passé de 2,4 % à 2,8 %. Derrière cette augmentation de 0,4 point, davantage de personnes ont donc eu besoin du soutien de l’assurance-chômage.
Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) précise toutefois dans son communiqué, que ce taux de 2,8 % reste proche de la moyenne à long terme. La hausse est réelle par rapport à 2024, mais elle ne correspond pas à un niveau exceptionnel dans l’histoire du chômage suisse.
Une contribution fédérale de 600 millions supprimée
L’autre changement majeur concerne le financement. Pour l’exercice 2025, la contribution de la Confédération, d’un montant d’environ 600 millions de francs, a été entièrement supprimée. L’assurance-chômage a donc dû faire face à une augmentation du chômage avec cette ressource en moins.
Cette suppression s’inscrit dans une réduction plus large des contributions fédérales. Leur diminution doit atteindre au total 1,25 milliard de francs entre 2025 et 2029.
Le changement ne se limite donc pas aux comptes de 2025. La réduction du financement fédéral concerne plusieurs exercices, pendant lesquels l’évolution du marché du travail continuera également de peser sur les finances du régime.
Les dépenses augmentent, les recettes reculent
Les comptes publiés par le SECO permettent de mesurer ce décalage. En 2025, les recettes ont atteint 8,44 milliards de francs, contre 8,86 milliards l’année précédente. Dans le même temps, les dépenses sont passées de 7,42 à 8,69 milliards de francs.
Sur la base de ces montants arrondis, les recettes ont donc reculé d’environ 420 millions, tandis que les dépenses ont augmenté de près de 1,27 milliard. Les deux évolutions se sont cumulées au cours du même exercice.
Au bout du compte, la perte de 249 millions représente environ 3 % des recettes annuelles. Ce résultat marque un net changement par rapport à l’excédent de 2024, sans pour autant effacer les fonds propres accumulés.
Près de 8 milliards de francs de fonds propres
À la fin de 2025, les fonds propres de l’assurance-chômage s’établissaient encore à 7,96 milliards de francs. Ils ont diminué sous l’effet du déficit, mais restent d’un montant bien supérieur à la perte enregistrée sur cet exercice.
Pour les assurés, aucun changement du montant des indemnités n’est annoncé dans cette publication. Celle-ci décrit la situation financière du régime, touché à la fois par l’évolution du marché du travail et par la baisse du financement fédéral.
Les comptes annuels ont déjà été révisés par le Contrôle fédéral des finances. Une étape reste néanmoins à franchir. Au moment de la publication des chiffres, leur approbation formelle par le Conseil fédéral n’avait pas encore eu lieu.








