L’assurance-chômage suisse subit un nouveau revers numérique après plusieurs mois de tensions 

Après les retards du début d’année, l’assurance-chômage suisse fait face à une nouvelle panne informatique. Berne assure que l’incident de mai n’est pas lié à SIPAC 2.0, mais les perturbations relancent les inquiétudes autour de la fiabilité des outils numériques.

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L’assurance-chômage suisse subit un nouveau revers numérique après plusieurs mois de tensions : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

L’assurance-chômage suisse traverse une nouvelle zone de turbulence. Après les importants dysfonctionnements observés en début d’année, de nouveaux problèmes informatiques ont touché les Offices régionaux de placement au mois de mai. 

Cette fois, Berne assure toutefois que l’incident n’est pas lié au controversé système SIPAC 2.0. Mais pour les services cantonaux comme pour les personnes au chômage, ces interruptions rappellent la fragilité d’un dispositif devenu essentiel au traitement des dossiers. 

Des services ralentis pendant plusieurs jours

Entre le 11 et le 18 mai, plusieurs Offices régionaux de placement ont été confrontés à des difficultés techniques. Le Conseil fédéral l’a reconnu lundi, en réponse à une question du conseiller national Thomas Stettler, élu UDC du Jura.

Selon les éléments rapportés par 20 Minutes, le parlementaire s’inquiétait d’une situation particulièrement pénalisante pour les services cantonaux. Pendant plusieurs jours, certains collaborateurs auraient eu du mal à se connecter aux outils nécessaires au traitement des dossiers. Des services chargés de rendre des décisions auraient également été touchés.

Le problème est sensible, car l’assurance-chômage repose sur une chaîne administrative où chaque blocage peut retarder le traitement d’un dossier. Pour les personnes concernées, même une panne temporaire peut rapidement créer de l’incertitude, surtout lorsqu’une indemnité ou une décision est attendue.

Berne affirme toutefois que ces incidents n’ont aucun lien avec SIPAC 2.0, le nouveau système de paiement mis en service au début de l’année. Ce dernier avait provoqué de vives critiques après des retards dans le versement des indemnités de chômage.

Cette fois, l’origine du problème serait différente. Le Conseil fédéral évoque une défaillance du système central d’authentification eIAM, utilisé par plusieurs applications de l’administration fédérale et par certaines administrations cantonales. En clair, c’est l’accès aux outils numériques qui a posé problème, plutôt que le système de paiement lui-même.

SIPAC 2.0 reste sous surveillance

Même si Berne distingue clairement les deux dossiers, cette nouvelle panne intervient dans un contexte déjà tendu. Le lancement de SIPAC 2.0, censé moderniser la gestion des prestations de l’assurance-chômage, a été marqué par des difficultés importantes au début de 2026.

Le Conseil fédéral assure désormais que la situation s’est nettement améliorée. Depuis mars 2026, il n’y aurait plus de retard de paiement pour les personnes dont le droit aux prestations a déjà été établi. Les indemnités seraient versées dans les délais prévus.

Les nouvelles demandes, elles aussi, seraient mieux traitées. Selon Berne, le nombre de dossiers en attente d’examen a fortement diminué depuis les mesures de suivi mises en place au début du mois de février.

Ces précisions visent à calmer les inquiétudes. Mais elles ne suffisent pas forcément à effacer le malaise. Dans un domaine aussi sensible que le chômage, la confiance dépend autant de la rapidité des paiements que de la stabilité des outils utilisés par les services cantonaux.

Le Conseil fédéral reconnaît que ces événements sont regrettables, tout en assurant qu’ils ne remettent pas en cause la solidité générale des systèmes de l’assurance-chômage. Reste que cette nouvelle panne rappelle une réalité simple : quand l’administration numérique flanche, ce sont les services sur le terrain et les assurés qui en ressentent immédiatement les effets.

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