Le recyclage passe à la vitesse supérieure en Suisse et votre portefeuille pourrait trinquer 

Les habitudes de tri vont encore évoluer en Suisse et certaines pourraient même toucher votre portefeuille. Plastiques, briques de boissons, bocaux en verre et emballages seront progressivement soumis à de nouvelles règles.

Publié le
Lecture : 3 min
suisse
Le recyclage passe à la vitesse supérieure en Suisse et votre portefeuille pourrait trinquer : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le tri des déchets va encore évoluer en Suisse. Le Conseil fédéral vient d’adopter de nouvelles règles qui vont notamment renforcer la collecte des emballages plastiques et modifier progressivement les obligations des fabricants et des distributeurs. 

Certaines mesures pourraient aussi se faire sentir directement dans le portefeuille des consommateurs. Les bocaux en verre, les briques de boissons et plusieurs emballages du quotidien sont notamment concernés.

Des emballages plastiques bientôt mieux collectés

Jusqu’à présent, de nombreux emballages plastiques finissaient encore avec les ordures ménagères. C’est notamment le cas des pots de yaourt, des emballages de bonbons ou encore de certaines briques de lait.

La situation va progressivement changer. À l’avenir, les grands distributeurs comme Coop et Migros devront reprendre certains de ces emballages ou organiser leur collecte par l’intermédiaire de prestataires spécialisés.

Cela pourrait conduire à l’apparition de nouveaux points de collecte dans les magasins ou à proximité des lieux de consommation.

Certains cantons et certaines communes ont déjà mis en place des systèmes permettant de récupérer séparément ces déchets. Mais jusqu’à présent, aucune obligation générale ne s’appliquait à l’ensemble du pays.

Pas encore question de jeter sa poubelle autrement

Ces nouvelles règles ne signifient pas que les consommateurs seront immédiatement obligés de modifier toutes leurs habitudes de tri.

Le choix d’utiliser les points de collecte restera en grande partie individuel. La situation pourrait toutefois évoluer à plus long terme.

À partir de 2032, la Confédération prévoit en effet des objectifs contraignants concernant le recyclage des briques de boissons et des plastiques à usage unique, précise le communiqué.

Si ces objectifs ne sont pas atteints, le Conseil fédéral pourra imposer aux entreprises concernées, notamment aux grands distributeurs, de mettre en place un système de consigne.

Un dispositif de ce type existe déjà pour certains emballages, notamment les bouteilles en verre et en PET ainsi que les canettes en aluminium. Pour l’instant, la Suisse dépasse régulièrement ses objectifs de recyclage, ce qui rend peu probable l’instauration prochaine d’une consigne généralisée comparable à celle en vigueur en Allemagne.

Les entreprises devront davantage surveiller leurs emballages

La nouvelle réglementation prévoit également un meilleur suivi des emballages mis sur le marché.

À partir de 2031, les entreprises devront recenser les quantités d’emballages en plastique qu’elles mettent en circulation. La Confédération pourra ainsi mesurer plus précisément la quantité effectivement récupérée et recyclée.

Cette évolution doit permettre de mieux suivre le parcours des déchets et de vérifier si les objectifs fixés en matière de recyclage sont réellement atteints.

La réforme répond notamment à une motion du conseiller national PLR saint-gallois Marcel Dobler, fondateur de Digitec. L’élu avait souligné que les plastiques collectés pouvaient être réutilisés pour fabriquer de nouveaux produits en Suisse, comme des boîtes ou des tuyaux.

Le problème est que la collecte actuelle ne permet pas toujours de disposer de suffisamment de matière recyclée produite localement. La Suisse doit donc parfois importer des déchets plastiques provenant d’autres pays.

Les bocaux et emballages en verre pourraient coûter plus cher

Autre changement à surveiller, le prix de certains emballages en verre.

Une contribution destinée au recyclage est déjà intégrée au prix de certaines boissons vendues dans des bouteilles en verre. À partir de 2028, ce principe doit être étendu à d’autres emballages en verre.

Des produits courants comme les bocaux de cornichons ou certains flacons de parfum pourraient ainsi voir leur prix augmenter de quelques centimes. La hausse pourrait atteindre 10 centimes pour certains emballages.

L’objectif est de faire davantage contribuer les producteurs et les consommateurs au financement du recyclage du verre.

Des emballages plus petits et davantage recyclables

La réforme ne concerne pas uniquement la fin de vie des emballages. Elle agit également sur leur conception.

Les fabricants devront notamment limiter les emballages excessivement grands par rapport à la quantité réelle de produit qu’ils contiennent. Ils devront également augmenter autant que possible la part de matériaux recyclés utilisés et réduire la présence de substances considérées comme nocives.

Ces nouvelles obligations marquent donc une évolution progressive du modèle suisse de gestion des déchets.

Pour les consommateurs, le changement ne sera pas forcément visible du jour au lendemain. Mais entre l’arrivée de nouveaux points de collecte, l’évolution des emballages et une possible hausse du prix de certains contenants en verre, les habitudes de consommation pourraient progressivement être modifiées.

Laisser un commentaire

Share to...