Près de 79 % des candidats le constatent : ce phénomène est devenu le nouveau fléau de la recherche d’emploi en Suisse

Près de 79 % des candidats suisses constatent une hausse des candidatures restées sans réponse, selon une enquête d’Indeed.

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Près de 79 % des candidats le constatent : ce phénomène est devenu le nouveau fléau de la recherche d’emploi en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Trouver un emploi est devenu un exercice de patience pour de nombreux Suisses. Entre la préparation des dossiers, les formulaires en ligne et les multiples étapes de sélection, les candidats investissent souvent beaucoup de temps avant même d’obtenir un premier retour. 

Pourtant, une tendance semble désormais s’imposer dans les processus de recrutement : l’absence totale de réponse après une candidature. Selon une récente enquête réalisée par la plateforme Indeed, ce phénomène, souvent qualifié de « ghosting », gagne du terrain et modifie profondément l’expérience des chercheurs d’emploi.

De plus en plus de candidats restent sans réponse après avoir postulé

Le marché du travail suisse a évolué au cours des derniers mois. En février, 235’556 personnes recherchaient un emploi dans le pays, soit une augmentation de 10,7 % par rapport à février 2025. Dans le même temps, plusieurs entreprises du secteur privé ont annoncé des suppressions de postes et les tensions liées au manque de main-d’œuvre qualifiée se sont atténuées dans certains domaines.

Cette nouvelle réalité se traduit par une hausse du nombre de candidatures envoyées pour chaque poste vacant. Pour les chercheurs d’emploi, la concurrence est donc plus forte. Mais au-delà de cette compétition accrue, un autre phénomène nourrit la frustration : l’absence de retour de la part des recruteurs.

Selon une enquête menée par Indeed auprès de 537 personnes, et ralayée par Blick, une large majorité des répondants affirme avoir déjà envoyé une candidature sans recevoir la moindre réponse. Pour plus d’un quart des participants, cette situation ne constitue pas une exception mais une expérience régulière.

Le phénomène semble également s’intensifier. Au total, 78,6 % des personnes interrogées estiment que les candidatures laissées sans réponse sont plus fréquentes qu’auparavant. Parmi elles, 30,7 % considèrent que cette progression est particulièrement marquée.

Dans la pratique, le scénario est souvent le même. Après avoir transmis leur CV et leur lettre de motivation, les candidats reçoivent un accusé de réception automatique. Puis plus rien. Les jours passent, parfois les semaines, sans aucune information complémentaire ni confirmation d’un refus.

Cette absence de communication est loin d’être anodine. Près d’une personne sur trois cite désormais la crainte d’être ignorée comme l’un des principaux freins lorsqu’elle envisage une recherche d’emploi. Le manque de visibilité sur l’avancement d’une candidature génère de l’incertitude et peut décourager certains postulants de poursuivre leurs démarches.

Pour beaucoup, recevoir une réponse négative reste préférable à l’absence totale de retour. Un refus permet au moins de clôturer une démarche et d’orienter son énergie vers d’autres opportunités.

Des procédures plus lourdes et l’impact croissant de l’intelligence artificielle

L’étude révèle également que les candidats ne sont pas seulement agacés par le silence des employeurs. Les procédures de recrutement elles-mêmes sont devenues une source importante de mécontentement.

Pour 38,9 % des personnes interrogées, les démarches administratives liées à la candidature représentent aujourd’hui le principal facteur de stress. Les candidats évoquent notamment les longues procédures d’inscription sur les plateformes de recrutement, la nécessité de télécharger plusieurs fois les mêmes documents ou encore l’obligation de ressaisir manuellement des informations déjà présentes dans leur CV.

Ces tâches répétitives donnent parfois l’impression d’un parcours complexe avant même qu’un recruteur n’examine réellement le dossier. Lorsque cette démarche n’aboutit à aucune réponse, le sentiment de frustration s’en trouve renforcé.

Les conséquences se ressentent directement sur les choix professionnels. Selon l’enquête, 43,8 % des répondants préfèrent rester dans leur emploi actuel, même lorsqu’ils ne s’y sentent plus pleinement épanouis, plutôt que d’affronter un processus de recrutement qu’ils jugent fastidieux et incertain.

Indeed observe également un changement dans l’équilibre des rapports entre entreprises et candidats. Selon la plateforme, les employeurs bénéficient désormais d’une position plus favorable qu’au cours des années précédentes. Le nombre de candidatures reçues pour chaque offre a fortement augmenté, ce qui permet aux recruteurs de sélectionner davantage et de filtrer plus rigoureusement les profils.

L’essor de l’intelligence artificielle générative contribue lui aussi à cette évolution. Les outils d’IA permettent aujourd’hui de rédiger des lettres de motivation, d’adapter des CV ou de répondre rapidement à plusieurs annonces. Cette simplification favorise une augmentation du volume de candidatures envoyées.

Pour les services des ressources humaines, cette situation entraîne un afflux de dossiers parfois difficile à gérer. Les recruteurs ont alors tendance à renforcer les critères de sélection et à automatiser une partie du tri. Dans ce contexte, de nombreux candidats n’obtiennent jamais de réponse personnalisée.

Cette évolution met en lumière un paradoxe du marché de l’emploi moderne. Les technologies facilitent plus que jamais l’envoi de candidatures, mais elles contribuent également à rendre les échanges entre recruteurs et postulants plus impersonnels. Résultat : pour une part croissante des chercheurs d’emploi en Suisse, la réponse la plus fréquente après une candidature reste aujourd’hui le silence.

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