Farmy met la clé sous la porte : le supermarché en ligne suisse soutenu par 1200 producteurs n’a pas survécu 

Après plusieurs années de difficultés et une fusion récente, Farmy met fin à ses activités et rejoint la liste des enseignes bio en crise.

Publié le
Lecture : 3 min
Ligne
Farmy met la clé sous la porte : le supermarché en ligne suisse soutenu par 1200 producteurs n’a pas survécu : Crédit : Valeriano di Domenico/Le Temps | Econostrum.info - Suisse

Le supermarché en ligne suisse Farmy, spécialisé dans les produits alimentaires bio et locaux, a officiellement déposé le bilan et arrêté ses activités. L’entreprise zurichoise, qui faisait figure de référence dans le commerce alimentaire numérique durable, n’a pas réussi à surmonter les difficultés financières accumulées ces dernières années. 

Malgré plusieurs tentatives de restructuration et une fusion stratégique annoncée début 2025, la société estime ne plus être en mesure de poursuivre son activité dans un contexte économique devenu trop compliqué. Cette faillite intervient alors que l’ensemble du secteur bio traverse une période délicate en Suisse.

Une croissance rapide freinée par des coûts devenus trop lourds

Créée en 2014 à Zurich, Farmy s’était rapidement démarquée sur le marché suisse grâce à un modèle centré sur les produits régionaux, les circuits courts et la vente en ligne. La plateforme proposait à ses clients des aliments frais provenant directement d’agriculteurs et de producteurs suisses, avec une forte mise en avant des produits biologiques et artisanaux.

Le concept avait rencontré un réel succès auprès des consommateurs à la recherche d’alternatives aux grandes chaînes de distribution. En 2022, l’entreprise avait même accéléré son développement en Suisse romande afin d’élargir sa clientèle et renforcer sa présence nationale.

Selon les données communiquées par la société, environ 60 % de son chiffre d’affaires provenait de quelque 1200 agriculteurs et producteurs suisses. Cette relation directe avec les producteurs constituait l’un des principaux arguments de Farmy, qui mettait en avant « des aliments frais et authentiques » ainsi qu’une approche basée sur la proximité et la durabilité.

Mais derrière cette image moderne et engagée, le modèle économique restait particulièrement exigeant. Le commerce alimentaire en ligne nécessite des investissements importants dans les infrastructures logistiques, les entrepôts, la gestion des stocks et les livraisons réfrigérées. Les marges sont souvent faibles et les coûts opérationnels élevés, surtout dans un pays comme la Suisse où les frais de transport et de main-d’œuvre sont importants.

Les premiers signes de fragilité étaient apparus publiquement en juin 2025 avec la fermeture du site d’Ecublens, dans le canton de Vaud. Cette décision avait entraîné le licenciement de 29 employés et alimenté les inquiétudes autour de la santé financière de l’entreprise.

Farmy avait pourtant tenté de redresser la situation. En janvier 2025, la société avait fusionné avec Pico Lebensmittel dans l’espoir de créer des synergies au niveau de la logistique et des frais administratifs. Cette opération devait permettre de réduire les coûts et de renforcer la stabilité du groupe.

Dans son annonce de faillite, l’entreprise explique que les mesures de restructuration engagées n’ont finalement pas permis d’atteindre « la restructuration durable souhaitée ». Farmy évoque aussi une dégradation des conditions économiques générales, qui aurait rendu impossible la poursuite de ses activités.

Le secteur bio suisse confronté à une période difficile

La disparition de Farmy s’inscrit dans un contexte plus large de fragilisation du secteur bio en Suisse. Ces dernières années, plusieurs enseignes spécialisées ont été contraintes de réduire leurs activités ou de fermer définitivement leurs portes.

Il y a un an, Migros avait mis un terme à sa collaboration avec l’enseigne allemande Alnatura, rappelle la RTS. Le distributeur suisse gérait alors les 25 magasins de la marque en Suisse. Une partie de ces points de vente a été reprise, tandis que plus de la moitié ont fermé.

Quelques années plus tôt, la chaîne Reformhaus Müller, spécialisée dans les produits bio et diététiques, avait également cessé ses activités. Ces différentes fermetures montrent les difficultés rencontrées par les acteurs du secteur, malgré un intérêt toujours présent des consommateurs pour les produits biologiques et locaux.

Le ralentissement économique, l’inflation et la hausse des coûts d’exploitation pèsent fortement sur les entreprises spécialisées. Les consommateurs restent attentifs aux questions environnementales et à la qualité des produits, mais les arbitrages budgétaires deviennent plus fréquents dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat.

Pour les producteurs partenaires de Farmy, cette faillite représente aussi une perte importante. La plateforme constituait un débouché commercial apprécié par de nombreux agriculteurs suisses souhaitant vendre directement leurs produits à une clientèle urbaine.

Laisser un commentaire

Share to...