À Genève, la précarité alimentaire s’impose comme une réalité de plus en plus visible dans un canton pourtant réputé pour son niveau de vie élevé. Le dernier rapport de la Fondation Partage confirme une nette hausse du nombre de bénéficiaires en 2025.
Plus de 17 000 personnes ont dû recourir à une aide pour se nourrir, soit une progression marquée en un an. Cette évolution met en lumière des difficultés structurelles qui touchent une part croissante de la population.
Une hausse de plus de 10% des bénéficiaires en un an
Selon le rapport d’activité 2025 publié par la Fondation Partage, 17 000 personnes ont eu recours à l’aide alimentaire à Genève, contre 15 400 l’année précédente. Cette augmentation de plus de 10% traduit une dégradation des conditions de vie pour de nombreux ménages. Elle s’explique en grande partie par la hausse continue des charges fixes, notamment le logement, les assurances et les dépenses courantes.
Dans ce contexte, un nombre croissant de personnes se retrouve en difficulté, y compris parmi celles qui disposent d’un emploi. Le phénomène ne concerne plus uniquement les situations les plus précaires, mais touche désormais des profils plus larges, fragilisés par l’écart entre leurs revenus et le coût de la vie genevois.
Pour répondre à cette demande, la Fondation Partage a redistribué plus de 3 760 tonnes de produits alimentaires et de première nécessité au cours de l’année. Ces denrées ont été acheminées via un réseau de plus de cinquante associations partenaires actives sur le terrain. L’ensemble représente environ 7 millions de repas fournis aux personnes dans le besoin, un volume qui illustre l’ampleur du dispositif mis en place.
Des moyens renforcés, mais des besoins encore supérieurs
Malgré ces efforts importants, les besoins dépassent toujours les capacités actuelles. La Fondation Partage reconnaît ne pas être en mesure de couvrir l’ensemble de la demande, signe d’une pression persistante sur les structures d’aide, indique Watson. Cette situation place les associations en première ligne, contraintes de gérer des volumes élevés avec des ressources limitées.
Le fonctionnement de ce réseau repose en grande partie sur l’engagement de plus de 2 300 bénévoles, qui assurent la collecte, le tri et la distribution des denrées. Leur mobilisation permet de maintenir un système essentiel pour des milliers de bénéficiaires, mais elle ne suffit pas à compenser entièrement l’augmentation des besoins.
Pour tenter de réduire cet écart, la Fondation multiplie les leviers d’action. Elle renforce ses approvisionnements en augmentant les achats de produits de base, tout en poursuivant la récupération d’invendus auprès de différents partenaires. De nouveaux partenariats sont également développés afin d’élargir les sources d’approvisionnement et d’optimiser la redistribution.
Parallèlement, l’organisation met l’accent sur des actions visant à prévenir la précarité, notamment à travers des initiatives d’insertion professionnelle. L’objectif est d’agir en amont, en permettant à certaines personnes de retrouver une stabilité financière et de sortir progressivement de la dépendance à l’aide alimentaire.
La situation actuelle à Genève met en évidence un déséquilibre persistant entre les besoins et les ressources disponibles. Dans un canton souvent perçu comme privilégié, ces chiffres rappellent que la précarité reste une réalité pour une partie significative de la population.








