Augmentaion des frais de scolarité : une surtaxe de 1700 francs pour les étudiants étrangers dans ce canton dès 2026

L’augmentation des frais de scolarité à l’Université de Berne et à la BFH, et plus particulièrement la surtaxe imposée aux étudiants étrangers, marque un tournant dans la politique éducative du canton.

Publié le
Lecture : 3 min
Frais de scolarité
Augmentaion des frais de scolarité : une surtaxe de 1700 francs pour les étudiants étrangers dans ce canton dès 2026 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le gouvernement cantonal bernois a récemment annoncé une réforme importante des frais de scolarité à l’Université de Berne et à la Haute école spécialisée bernoise (BFH). À partir du semestre d’automne 2026, les frais de scolarité augmenteront, impactant particulièrement les étudiants étrangers.

Si la taxe d’études pour les étudiants suisses passera de 750 à 850 francs par semestre, les étudiants étrangers devront, eux, faire face à une hausse bien plus conséquente. La surtaxe spécifique appliquée à ces étudiants passera de 200 à 1700 francs par semestre, soit un triplement du coût par rapport aux étudiants suisses.

Une surcharge significative pour les étudiants étrangers

La réforme des frais de scolarité à l’Université de Berne et à la BFH s’inscrit dans une volonté d’augmenter les revenus des hautes écoles publiques pour faire face aux besoins de financement. Dès le semestre d’automne 2026, les étudiants suisses devront acquitter une taxe d’études de 850 francs par semestre, soit une hausse modérée de 100 francs par rapport à la situation actuelle. Toutefois, les étudiants étrangers verront leur contribution augmentée de manière bien plus importante. En effet, la surtaxe spécifique pour les étudiants non suisses passera de 200 à 1700 francs, portant ainsi le coût total de leurs études à 2550 francs par semestre, soit trois fois plus que celui des étudiants suisses.

Le gouvernement cantonal défend cette décision en invoquant le principe de justice financière : les étudiants étrangers contribuent aux infrastructures et services des hautes écoles sans y participer pleinement à leur financement, contrairement aux étudiants suisses. Cette réforme s’inscrit également dans le cadre des objectifs budgétaires du canton de Berne, qui prévoit un renforcement des ressources allouées aux institutions éducatives. Les autorités cantonales estiment que ces nouvelles taxes permettront de maintenir la qualité des enseignements et des infrastructures des universités, tout en réduisant la pression financière sur les contribuables locaux.

Cependant, cette hausse substantielle des frais d’inscription soulève des questions sur l’accessibilité des études en Suisse pour les étudiants internationaux. En effet, la Suisse, traditionnellement un pôle d’attractivité pour les étudiants étrangers en raison de la qualité de son enseignement, pourrait voir sa position remise en question si cette politique de hausse des frais se généralise dans d’autres cantons. L’augmentation des frais d’inscription pourrait dissuader certains étudiants étrangers de choisir la Suisse comme destination académique, notamment ceux issus de pays en développement ou à revenu moyen.

Des protestations contre cette augmentation

L’annonce de la hausse des frais d’études pour les étudiants étrangers a provoqué une forte opposition. Plusieurs centaines de personnes se sont déjà rassemblées devant le Grand Conseil pour protester contre cette mesure jugée injuste. Les manifestants, parmi lesquels de nombreux étudiants et membres d’associations étudiantes, ont dénoncé l’inéquité de cette politique et son potentiel effet d’exclusion pour certains étudiants étrangers. En effet, cette augmentation des frais d’inscription pourrait exclure des étudiants issus de milieux modestes, limitant ainsi l’accès à l’éducation supérieure en Suisse.

Les critiques vont au-delà de l’aspect financier. Certains estiment que cette hausse pourrait avoir un impact négatif sur la diversité académique des universités suisses, qui bénéficient grandement de la présence d’étudiants étrangers, relate Watson. La mobilité académique et l’échange international, fondamentaux dans un monde globalisé, pourraient se trouver restreints, réduisant ainsi l’attractivité de la Suisse en tant que destination universitaire. De plus, la politique de surtaxation des étudiants étrangers pourrait ternir l’image de la Suisse en matière de coopération internationale, en particulier dans les pays où les frais de scolarité sont déjà considérés comme élevés par rapport au revenu moyen.

En réponse aux protestations, les autorités cantonales ont défendu leur position en soulignant que les étudiants étrangers bénéficient des mêmes infrastructures et services que les étudiants suisses, justifiant ainsi la surtaxe. Toutefois, cette mesure reste source de mécontentement pour beaucoup, notamment dans un contexte où la Suisse se veut un leader dans l’accueil d’étudiants internationaux et dans la coopération académique mondiale.

Laisser un commentaire

Share to...