L’économie suisse en pleine relance sauf pour ce secteur clé

L’économie suisse amorce une reprise grâce à l’industrie manufacturière, mais l’hôtellerie et la restauration restent prudents face aux défis.

Publié le
Lecture : 3 min
Suisse
L'économie suisse en pleine relance sauf pour ce secteur clé : Crédit : GROUPE ECOMEDIA | Econostrum.info - Suisse

L’économie suisse semble marquer une pause après une période de turbulences, avec des signes clairs d’une reprise progressive. En octobre 2025, un sondage mené par le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) révèle un regain de confiance parmi les entreprises suisses. 

L’indicateur de l’activité économique a connu une nette amélioration, signalant un climat plus optimiste au sein des différents secteurs. Toutefois, cette reprise n’est pas uniforme et varie selon les industries.

Une dynamique positive dans l’industrie manufacturière et le commerce de détail

Le principal moteur de cette reprise semble venir du secteur manufacturier, qui a enregistré une nette amélioration de ses résultats. L’indicateur de l’activité économique, mesurant les fluctuations à court terme, a retrouvé son niveau de juillet, juste avant l’augmentation des droits de douane imposée par les États-Unis. Selon les données du KOF, l’industrie suisse, particulièrement dans le domaine de la fabrication de biens industriels, semble avoir surmonté les obstacles qui avaient freiné sa croissance, notamment les coûts élevés liés aux matières premières et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

D’après les entreprises interrogées, la reprise dans le secteur manufacturier s’accompagne d’une augmentation modérée des investissements, ce qui aligne les prévisions économiques sur les niveaux observés en début d’année. Les entreprises du secteur manufacturier, grâce à une demande soutenue sur les marchés internationaux, se sont adaptées à une situation plus favorable, et ce regain de confiance pourrait bien favoriser une stabilisation durable à court et moyen terme.

Le commerce de détail, bien que toujours marqué par des incertitudes, enregistre également une légère progression. En dépit de l’inflation et des défis liés aux coûts de distribution, les entreprises de ce secteur ont pu bénéficier d’un retour en force des consommateurs, stimulé par des achats de fin d’année plus importants qu’anticipés. Les assurances et services financiers, quant à eux, ont également connu un léger rebond, grâce à la stabilisation des marchés financiers et à une demande accrue pour les produits d’épargne et d’assurance.

Les attentes en matière de salaire, qui devraient augmenter de 1,3 % en moyenne d’ici un an, viennent soutenir cette dynamique positive, notamment en renforçant le pouvoir d’achat des consommateurs et donc les perspectives pour le commerce et la consommation intérieure. L’inflation, quant à elle, reste relativement maîtrisée, avec des prévisions à 1 % pour l’année à venir, ce qui permet une stabilité économique.

Un secteur de l’hôtellerie et de la restauration plus prudent

Cependant, tous les secteurs de l’économie suisse ne partagent pas cette vision optimiste. L’hôtellerie et la restauration, par exemple, restent plus réservés face aux perspectives à court terme. Les attentes dans ce secteur n’ont pas connu les mêmes hausses que dans l’industrie manufacturière. En dépit de la reprise du tourisme en Suisse, les incertitudes demeurent, notamment en raison de la hausse continue des coûts d’exploitation, particulièrement ceux liés à l’énergie et aux salaires.

Les professionnels du secteur de l’hôtellerie restent préoccupés par la gestion des coûts et l’incertitude sur les perspectives de fréquentation. Les problèmes d’approvisionnement en matière de services et de main-d’œuvre sont également des facteurs clés qui freinent une reprise totale. Les attentes des entreprises hôtelières et restauratrices restent donc plus modérées, bien que certains observateurs soulignent une reprise progressive en fonction des tendances du tourisme local et international. En outre, l’incertitude quant à l’évolution des restrictions sanitaires mondiales continue d’influencer les prévisions du secteur, bien que celles-ci se soient améliorées par rapport aux périodes les plus critiques de la pandémie.

Le secteur reste dans une phase d’ajustement, avec des entreprises qui cherchent à moderniser leurs offres et à s’adapter à des modèles de consommation plus flexibles, comme l’augmentation de la demande de services de livraison et d’hébergement alternatif. Cependant, cette prudence restera probablement une caractéristique de l’hôtellerie et de la restauration dans un avenir proche.

Laisser un commentaire

Share to...